Blog de Thierry Abrial

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webm en 2011

Bien vieillir ?

La gauche a toujours eu un rôle essentiel dans les mutations et transitions de la société, jusqu'à présent on peut considérer qu'elle a réussi: la démocratie au 19éme siècle, 1936, 1944, 1968 ….

Désormais nous sommes devant un mur qui paraît infranchissable. Jusqu'en 1968 on peut considérer globalement que la gauche a su anticiper et proposer la/les mutations du modèle social/sociétal. A partir de 1968 la force de proposition ne vient plus des partis (dit de gauche) mais de la rue ou de groupes plus ou moins importants, par exemple les ONG, de mouvements populaires comme les « indignés » ou des partis politiques plutôt minoritaires ....

Le débat politique s'est progressivement déporté vers la défense d'un ordre social dépassé et ancien, qui n'a fonctionné que pendant les 30 glorieuses. Le mot changement est employé de façon abusive car ce fameux changement ressemble plus à un retour nostalgique vers le passé ou un refus de tout changement.

A cet égard le débat sur les retraites est significatif; d'une part si nous concevons les retraites dans la continuité des 50 dernières années ou alors en imaginant une rupture des logiques infernales qui nous mènent vers l'abîme.

Si nous concevons les retraites dans la continuité des 50 dernières années, c'est à dire essentiellement sur des critères de partage de la richesse produite, il est évident que le problème de l'age de départ sera une des deux variables d'ajustement du montant des retraites (l'autre critère étant évidemment la durée de cotisation) Dès lors il est malhonnête intellectuellement de prétendre revenir à l'age de 60 ans même si c'est possible artificiellement. Dans les faits, les retraites seraient si faibles que l'âge moyen de départ réelle serait largement décalé au delà de 60 ans. On peut toujours faire du markéting politique, attirer le consommateur/électeur, par des promesses mais le risque de trahir est immense. On ne peut indéfiniment reporter les choix décisifs à plus tard, c'est à dire qu'il faut sortir des logiques comptables.

Si on imagine une rupture. Dans le domaine des retraites il est évident que le problème du financement se posera. Bien sûr les mécanismes de financement devront être ajustés pour être plus justes mais cela ne changera pas le problème final: nous gagnerons quelques années tout au plus. En réalité sur les retraites comme sur tous les sujets de société (la consommation, la production, le logement, l'énergie....) il ne peut être envisagé de proposer le passé comme projet d'avenir et caresser l'électeur en proposant de multiples bricolages baptisés pompeusement changement. Les retraites sont déjà un des enjeux essentiels du devenir de nos sociétés, c'est la conséquence démographique de la conception universelle de la société. Cet enjeu sera de plus en plus prégnant et sans remise en cause profonde nous serons face à une impasse dramatique ...d'ailleurs comme beaucoup de sujets. Au final la (les) question qui est posée est celle du travail et son utilité sociale, du rôle de l'économie, de l'éducation, de la formation tout au long de la vie, des loisirs, de la santé, du bénévolat ….. bref TOUT ce qui consiste à construire des liens sociaux et donc la société. Si nous n'y prenons pas garde, le début de la fin pourrait bien venir par la non prise en compte du vieillissement de la population. Enfin, imaginer comme solution palliative de faire fonctionner la pompe à bébé des pays en voie de développement est une idée saugrenue des technocrates économistes qui sous-entend philosophiquement que les pauvres doivent faire des enfants pour s'occuper des vieux riches.

En conclusion, les mentalités ne sont pas prêtes pour la mutation indispensable du modèle de société. Le débat polémiste sur l'âge de la retraite, pour discréditer certains, n'a de sens que politicien car chacun sait que le problème sera complexe. En tout état de cause un des objectifs de la gauche est/serait de préparer les mentalités à l'indispensable mutation plutôt que de caresser l'électeur dans le sens de son intérêt immédiat ...qui très souvent est en contradiction avec son intérêt futur.

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Réalisme ou changement

Le résultat du premier tour des primaires est une réussite pour ce qui concerne la participation citoyenne.

La droite est verte de rage, pour une fois qu'elle verdit on ne va pas se plaindre.

Un élan populaire se dessine, comment va-t-il évoluer ?

L'ouverture de la désignation du candidat de la gauche aux citoyens de gauche démontre clairement qu'une dynamique de changement existe; le résultat d'Arnaud Montebourg est une bonne surprise. Néanmoins la réal-politik chère à Churchill s'est imposée aux électeurs qui veulent « virer » Sarkosy.

On peut comprendre cet excès de raison par contre on peut légitimement douter de la volonté de changement; le ras-le-bol ne peut pas constituer un programme.

Bien sûr il y a des différences très importantes entre une gestion de droite et de gauche car les notions d'équité et de justice au quotidien ne sont pas pensées de la même façon.

Par contre l'exercice du pouvoir, quand il n'y a pas de projet significatif de changement, oblige à composer. Si bien qu'une gestion de droite s'atténuera vers une gestion plus « centrée » comme une gestion de gauche évoluera vers une gestion plus « centrée » Au final, malgré toutes les bonnes intentions et bonnes volontés, le citoyen ne percevra pas fondamentalement les différences.

D'autre part, la conquête du pouvoir n'a de sens que s'il y a un projet significatif. La droite n'a pas ce genre de difficulté car son projet permanent est de maintenir la structure sociale le plus longtemps possible à la limite de la rupture.

Le réalisme peut donc fonctionner quand la société ne subit pas de crises majeures, c'est à dire que la richesse créée permet aux plus démunis de vivre décemment. Ce n'est pas notre cas, notre société subit les multiples crises qu'elle a provoquées...et la crise sociale ne sera pas la plus grave à gérer. Bien sûr l'oligarchie en place, les privilégiés, les banques ...ont des responsabilités écrasantes, mais se suffire de ces explications manichéennes est insuffisant. C'est même à la limite de la malhonnêteté intellectuelle.

Nous arrivons au bout d'un modèle, la mutation est en cours, elle n'est pas forcément perçue dans le bien être occidental. Les individus le devinent plus qu'ils ne le conçoivent. Les positions d'Arnaud Montebourg, provocatrices par rapport à la pensée unique, ont cette qualité de prendre en compte cet enjeu majeur et de proposer une nouvelle voie.

Le risque du 2éme tour est donc que deux candidats très proches idéologiquement se départagent sur des enjeux qui n'ont rien à voir avec un projet de changement. Par contre nous entendons des slogans pour dévaloriser l'autre et démonter son incapacité comme s'il s'agissait de différencier radicalement les personnes sur leur personnalité.

Comment va réagir l'électeur potentiel ? Notamment celui a compris que le changement est indispensable ...ce qui est d'ailleurs la forme supérieure du réalisme.

Et bien il sera dans une grande difficulté pour choisir, entre 2 projets très proches il ne reste que la morphopsychologie, le poker ou l'abstention.

En conclusion,il aurait été préférable d'organiser des primaires à un tour, nous aurions un candidat incontestable (celui arrivé en tête) et des propositions programmatiques qui préparent le changement.

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Une nouvelle économie mondiale, la démondialisation

L'économie mondiale actuelle est au service de la finance et des grands groupes internationaux. Je ne vous apprends pas grand chose !

Chacun y va de sa critique, y compris la droite et tous les libéraux de tout poil reconvertis au keynésianisme. Étrange cette versatilité !

Mais quand il s'agit d'écouter réellement les gens et de proposer une nouvelle politique pour sortir de cette pensé unique, par exemple en proposant un projet de démondialisation, alors nous avons un concert d'orfraies.

Ainsi les réformes apportées par les uns et les autres ne concernent que des points de détail et pourtant elles sont ressenties comme de dangereuses innovations.

Pourtant il faut regarder et comprendre ce que vivent les gens, une angoisse prégnante et durable de l'avenir. 75% des personnes pensent que leur avenir sera de plus en plus négatif. Comment imaginer un projet politique en expliquant aux gens qu'ils doivent assumer la démence du système; c'est de la schizophrénie sociale !

La démondialisation ne consiste pas à se retirer de l'économie mondiale, bien au contraire. Il s'agit de réorienter l'économie au services des peuples par:

  • une relocalisation des productions dans la mesure ou les ressources et les besoins sont locaux

  • une subordination de l'économie aux valeurs de solidarité sociale; l'économie doit contribuer à créer des liens sociétaux plutôt que de les détruire

Bien évidemment cela suppose une autre gouvernance économique mondiale, décentralisée et pluraliste, autorisant chaque pays à développer les stratégies adaptées à son contexte culturel, social et écologique. Il ne s'agit pas de rentrer tous les hommes dans la même bouteille de coca-cola.

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Technocrate

Le matin du 5 octobre, France Inter interviewait Martin Hirsch ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse.

Je fus extrêmement surpris de sa diatribe contre la thématique de la démondialisation proposée par Arnaud Montebourg. En effet il était manifeste que Mr Hirsh n'avait pas lu le projet de Arnaud Montebourg et se contentait de critiquer le mot sans connaître le contenu.

Je rappelle donc que contrairement à ce que Mr Hirsh a compris sans avoir lu le projet, la démondialisation proposée par Arnaud Montebourg c'est:

  • Transformer la mondialisation économique et financière et construire une Europe forte, en sécurisant la finance par une régulation forte du système financier pour éviter les dérives qui ont conduit à la crise,

  • Donner à l’Europe toute sa place dans l’économie mondiale par l’instauration de protections commerciales à ses frontières, évitant ainsi le dumping social et environnemental ainsi que les délocalisations et la baisse des salaires.

Pour conclure, contrairement à ce que comprend Mr Hirsh sans lire les contenus, ici il n'est pas question ici de sacrifier le « prolétaire » indien ou chinois sur l'Hôtel du pouvoir d'achat Européen.

Qui d'ailleurs peut prétendre qu'un chômeur un RSA (cher à Marin Hisrsh) puisse disposer d'un pouvoir d'achat ? Sarkosy ?

Nb:

Martin Hirsh est le fils de Bernard Hirsch, ancien directeur de l’École nationale des ponts et chaussées, et le petit-fils d’Étienne Hirsch, ancien commissaire général au Plan.

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le climat s'emballe

c'est Novembre en juillet, aux USA on étouffe, aux Philippines ça déborde ..... et puis ça recommence en Russie

d'ailleurs si j'en crois les météorologues, cette année les tomates muriront mieux au cercle polaire qu'en France.

Sur le site de météo-France

La canicule revient en Russie avec des températures dépassant 40°C au sud et 30°C jusque dans l'Arctique, alors que les feux de forêt dévastent à nouveau des milliers d'hectares après la catastrophe de l'été 2010, ont indiqué les autorités russes.

La température était de 33°C mercredi 27 juillet 2011 à Moscou, rendant l'air irrespirable. Selon le service météorologique russe, la température a atteint 42°C dans des régions du sud comme Saratov, 40°C dans celle de Samara, sur le cours de la Volga. En raison de l'extension des masses d'air subtropicales en direction du cercle polaire, la température a atteint le 26 juillet des records absolus dans les régions du Grand Nord, a ajouté le service météo, signalant 33°C dans la région d'Arkhanguelsk, baignée par la mer Blanche.

Par ailleurs, les feux de forêt qui font rage depuis le printemps ont continué de ravager des milliers d'hectares dans le pays. Selon le ministère des Situations d'urgence, 220 foyers de feux de forêt continuaient d'être actifs mercredi 27 juillet 2011 sur plus de 18.000 hectares au total. La Carélie et les régions d'Arkhanguelsk (nord-ouest), des Komi (nord), de Khabarovsk (Extrême Orient) connaissent les situations les plus difficiles.

Une canicule et une sécheresse sans précédent avaient frappé la Russie durant l'été 2010, provoquant de nombreux incendies de forêts et de tourbières, en particulier en Russie européenne. Une soixantaine de personnes avaient trouvé la mort, plus de 3.000 habitations et près de 200 localités avaient été détruites par le feu.

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L'organisation des territoires

Concernant les territoires on distingue deux grands types de modèles économiques. Ici il faut faire preuve de réalisme car l'économie est trop souvent conçue comme une discipline abstraite très éloignée des logiques concrètes de territoires. Dés lors, il ne faut pas s'étonner d'organisations territoriales conçues comme des modèles économiques purement abstraits dont l'essence est trop souvent la notion de richesse fiscale. La « richesse » fiscale est liée, de par sa conception, à l'économie productive. Si bien que les élus en général privilégient cette manne providentielle pour la « redistribuer » aux habitants sous la forme de services. Cette logique descendante ne parvient pas à créer une dynamique de territoire qui fonctionne en boucle positive et récursive, en réalité la posture consiste à attendre la redistribution et à réclamer sa part.

Ainsi, les territoires les plus performants suivant les critères classiques de l'économie ne sont pas ceux qui se développent le mieux. Les territoires qui concentrent les moyens productifs au sens classique, c'est le cas du sillon Rhodanien, ne parviennent pas à améliorer (de façon corrélée) les conditions de vie de leur population. Au niveau local, croissance locale et développement local ne sont pas forcément liés. L'exemple de la Seine-Saint-Denis est significatif; un PIB conséquent, des milliers de salariés ...qui le soir et le week-end repartent chez eux dépenser leurs salaires. L'exemple de de la côte d'Azur est également significatif à l'opposé peut-on dire, peu de production de PIB générique pourtant des revenus dépensés  (touristes …) qui irriguent singulièrement l'économie locale. In fine on distingue deux types d'économie territoriale; les territoires productifs et les territoires résidentiels. Bien sûr il ne s'agit pas d'opposer les deux modèles, bien au contraire, car les territoires qui finalement réussissent le mieux sont ceux qui concilient les deux modèles.

S'agissant de notre territoire, l'Ardèche, nous pouvons concevoir une stratégie économique qui associe les deux modèles, plus particulièrement en incitant au développement de l'économie dite cognitive qui permet, par sa nature, de préserver le cadre de vie et être moteur du développement. La structuration territoriale sur la base des vallées affluentes au Rhône est donc pertinente, néanmoins il faut être attentif à la préservation de l'espace car ce type de développement peut s’avérer contre-productif par une urbanisation excessive et non maîtrisée.

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Anthropocène et démocratie (par Christian)

Anthropocène ! C’est ma réponse préférée toutes les fois que l'on évoque nos pollutions, et les nouvelles extractions de ressources fossiles qui font la une de l'actualité.

Anthropocène ou l'ère dans laquelle l’homme est devenue la principale force géophysique capable de modifier son environnement. Elle a commencé avec la révolution industrielle et l'utilisation du feu (et de la chimie) dans tous nos procédés industriels. D’abord avec le charbon et la machine à vapeur puis le pétrole, le gaz, le nucléaire civil... Notre niveau de dépendance (85 %) à ces énergies est permanent et pourtant il semble être hors de portée de notre conscience collective.

En réalité nous avons besoin d’énergie pour transformer notre environnement; transport, construction, plastiques, produits manufacturés en tout genre, agriculture, santé...Cette utilisation d'énergies fossiles domine tous nos modes de production, elle est au cœur de nos modes de vie, autant dire que sans elle notre monde «moderne» n’existerait pas.

Nos besoins en ces énergies vont croissants. À la fois pour satisfaire la demande des pays émergents, mais aussi pour celle des anciens pays industrialisés qui n'ont pas encore franchement stabilisé leur consommation. Il est désespérant de constater que ces besoins en énergies fossiles sont toujours une nécessité vitale à nos sociétés. Ces ressources ne sont pas renouvelables, elles vont donc subir un optimum de production à l'extraction (déjà le cas en ce qui concerne le pétrole) et, qu'on le veuille ou non, dans l'état actuel de notre modèle de développement, il faut assurer leur ravitaillement.

Personne ne veut que l'on aille chercher le pétrole profond, personne ne souhaite que l'on racle les sables ou schistes bitumineux, et tout le monde espère ardemment que l'on laisse la ou il est le gaz de schiste.... Mais rares sont ceux qui, en contrepartie, sont capables de revoir leur mode de vie, de renoncer à leurs loisirs à l'autre bout du monde, d’oublier le dernier Ipod ou le tout nouveau 4x4 (et encore moins quand celui-ci permet d'afficher sa réussite sociale)….Bref on veut une démocratie pleine de liberté et de jouissance, sans contrainte, et si la planète a des limites finies, elles le sont surtout pour les autres.

Pour les écologistes, il y a encore trop de pétrole et de matières fossiles, pour les économistes et les industriels l'épuisement de ces matières premières est une très mauvaise nouvelle qui freine la « divine croissance ». Le consommateur, lui, veut garder son pouvoir d'achat. Quand il est ému par les signaux de pollution et qu’il pense qu'il faut faire quelque chose, on lui propose des éco-gestes (tri sélectif, extinction des lumières, ampoules basses consommations...) ou des impostures écologiques (éolien et photovoltaïque), ou encore du «marketing vert» pour flatter sa bonne conscience et au passagerelancer sa consommation !

Sans aucune notion d'ordre de grandeur - un passager émet 900 kg d'équivalent carbone en moyenne pour un aller retour Paris New York, soit un tiers de l'émission annuelle d'un Français tous gaz à effet de serre confondus (qu'il faudrait en plus diviser par quatre)- il n'imagine pas les efforts qu'il va falloir encore accomplir, dans la raison ou sous la contrainte, pour éviter que notre monde ne devienne pas invivable. Il n'est déjà plus question de le réparer pour le remettre dans l'état ou nos grands-parents l'ont connu puisque certains seuils d’irréversibilité ont déjà été franchis.

Ce débat sur la recherche effrénée de nouvelles énergies fossiles, avec les levées de boucliers que cela entraîne, me paraît un peu décalé. La solution ne viendra pas du politique, les pétitions auront un effet provisoires; tout au plus celles-ci vont avoir un rôle d'alerte de l'opinion et permettront de différer quelques temps les mises en production. Le plus sûr moyen de ne pas avoir recours à ces énergies et à leurs procédés d'extraction polluants est tout simplement de réduire la demande. Il s'agit là avant tout d'un problème de prise de conscience des consommateurs, et par conséquent de modèle de société, donc d’éducation et d’information (pas facile, le style «star académie» accapare presque tout le champ médiatique grand public).

S'agissant du nucléaire, c'est le même débat. Aujourd’hui notre niveau de consommation électrique est tel que si nous voulons sortir du nucléaire rapidement il faut avoir recours au charbon ou au gaz. Dans l’attente d’une maturité plus grande des énergies renouvelables, l'autre voie est de réduire nos consommations, de diminuer nos besoins en chauffage (isolation), en informatique en tout genre. Peut-être aussi repenser et optimiser la force motrice des usines et, plus généralement, de produire moins, notamment le superflu.

Au risque de choquer, j'ai maintenant acquis la conviction que la solution ne viendra pas de la démocratie dans son mode de fonctionnement actuel (et je ne souhaite pas pour autant un autre régime politique) tout simplement parce que la raison d'être du politique c'est son élection (de ce point de vue un seul mandat semble suffisant). L’électeur, souvent mal informé en raison d'un système médiatique trop superficiel, mais aussi par paresse individuelle, vote en fonction d'intérêts personnels et immédiats. Il vote pour des promesses de lendemain meilleur, ce qui manifestement ne semble plus possible pour les décennies à venir.
Il faudrait au contraire avoir une vision longue pour faire évoluer notre modèle de développement, faire des investissements importants sur la recherche de nouvelles énergies propres, repenser notre consommation, nos impôts, la redistribution des richesses créées... Mais une vision longue est impossible avec des démocraties qui fonctionnent à la fois sur la promesse intenable d'un monde meilleur et sur des horizons politiques qui dépassent rarement les deux ans. Il faudrait aussi et surtout des ententes internationales sur des objectifs précis et chiffrés à atteindre, mais les derniers sommets, en pleine conjoncture de crise économique, ont démontré que, de ce côté-là, la seule unanimité était la règle du chacun pour soi.

Mais il y a pire, le politique n'a pas, dans la grande majorité des cas, plus de connaissances que l'électeur moyen sur les questions environnementales (c'est-à-dire les 2 minutes du résumé du journal de 20 heures), sur l'importance que représentent les énergies fossiles dans notre quotidien, sur l'ampleur des efforts qu'il va falloir conduire pour se libérer la contrainte carbone. Je ne suis pas loin de penser que la plupart des politiques, comme un tiers ou un quart des Français, ne sont pas acquis aux problèmes environnementaux.

D'ailleurs, s'il arrive à l'électeur d'être écologiste dans ses déclarations, dès lors qu'il s'agit de mettre en place des dispositifs capables de modifier son comportement, comme la taxe carbone, il crie à l’injustice sociale, alors même qu'il ne fait pas l'effort d'examiner les dispositifs de redistribution ou de compensation proposés envers les plus démunis.

Pour conclure, nous ignorons, ou voulons ignorer, que notre mode de vie, nos avancées sociales - santé, espérance de vie, retraites, loisirs …- notre démocratie, ne reposent que sur le progrès technique ; c'est-à-dire la combinaison des inventions et de l’utilisation croissante d’énergie fossile. Ce progrès technique a rendu nos économies prospères et les démocraties qui s'y sont développées ont pu, de façon plus ou moins heureuse suivant les périodes et les pays, distribuer les richesses produites. Maintenant nous nous acheminons vers la rareté des énergies fossiles, une rareté qui sera socialement beaucoup plus difficile à répartir que l'abondance que nous avons connue.

L’électeur aspire à la liberté mais en même temps il veut être guidé. Quand tout va bien, il faut surtout le laisser tranquille pour qu'ils puissent jouir sans contrainte et sans limite, dès que les difficultés apparaissent il attend tout du politique, car il le croit omniscient. Je suis convaincu que la solution est du côté de la prise de conscience du citoyen, de sa volonté de s'éduquer, de s'informer, d'aller chercher lui-même l'information primaire en laissant de coté celle du prêt à penser intellectuel issu des médias.

Une révolution intellectuelle en somme, oui, je sais, c'est un conte pour enfants !...

Christian

webm en 2011

immobilier ou arnaque

Il y a déjà longtemps que je m'interroge sur l'évolution économique de l'immobilier. Nous entendons partout qu'il est prudent « d'investir dans la pierre » , comme un vieux proverbe asséné par les sages à ceux qui ne le seraient pas.

N'est-ce pas une illusion, comme beaucoup de croyances ? Quel est le poids de l’immobilier dans l’économie française ? Allons plus loin, l'immobilier ne serait-il pas une des raisons principales des dysfonctionnements de nos économies, notamment de ses crises perpétuelles ?

Les ménages consacrent en moyenne 25% de leur budget aux dépenses de logement, ce pourcentage ce cesse d'augmenter à l'excès; 20% en 1984, moins de 10% en 1960 …. Cette croissance anormale est liée à l' augmentation du coût de l'immobilier qui se traduit par des prix de plus en plus abusifs pour ceux qui veulent acheter et des loyers qui ne cessent de grimper pour les autres.

Entre 1998 et 2004, alors que le niveau de vie des français a augmenté de 28%, les prix de l'immobilier ont grimpé de 86%. Entre 1997 et 2007, les prix des maisons et des appartements ont augmenté de 142 % . Selon la banque BNP-Paribas, les prix de l'ancien ont augmenté de 155 % sur le territoire national, et de 191 % à Paris correspondant à une multiplication des prix par un facteur trois. Si bien que, en 2010 le prix du logement relativement au revenu des français est à son plus haut niveau depuis 70 ans. Pourtant les ménages continuent de rêver et d'acheter des biens de plus en plus chers. D'une part parce que les taux d'intérêts sont très faibles d'autre part parce que l'immobilier est un placement qualifié de sûr et qui permet de s'enrichir en dormant.

Pire, quand on compare le prix moyen de transaction des logements au coût moyen de construction nous avons un rapport de 2,2. Ce qui signifie que les logements sont vendus 2,2 fois plus chers qu'ils ne coutent. Cela concerne autant les maisons individuelles que les appartements. Croire que c'est le foncier qui plombe les prix est un mythe puisque les appartements subissent cette tendance anormale, en réalité le surcoût s'explique par l'emplacement (par exemple les centres villes ou des Villes qualifiées de huppées)

Concernant les loyers, de 2005 à 2010, les prix ont augmenté de 50% tandis que les salaires n'ont augmentés que de 25%. Il ne faut donc pas s'étonner que de plus en plus de ménages ne soient plus en capacité de se chauffer correctement.

L'institut de l'Épargne Immobilière et Foncière a mesuré la part de l'immobilier dans le PIB: avec 343 milliards d’euros soit 20% du PIB en 2009, l’immobilier est le premier poste de valeur ajoutée. En 1959 cette part était de l'ordre de 10 et depuis ne cesse de progresser. En 2010 la part relative au PIB a encore augmenté pour atteindre 22,6%, un record ! Quelques économistes affichent plus de 30% ! Plus grave, dans la période actuelle de crise, les banques préfèrent prêter leurs liquidités pour des opérations immobilières plutôt que pour des investissements productifs. Si bien que les liquidités s'orientent en priorité vers l'immobilier et laissent de côté tous les autres secteurs économiques; on comprend aisément la suite, la crise va durer et déversant les quelques liquidités retrouvées grâce à la BCE dans la trappe de l'immobilier.

Par rapport à ces chiffres, qui font plus penser à du délire, on peut s'interroger sur la pertinence des mesures de richesses notamment le PIB. Ici nous avons affaire à un secteur particulièrement spéculatif et irrationnel, déconnecté de la réalité de la production des richesses. En fait le PIB traduit un système virtuel basé sur des bulles successives qui finissent toujours par éclater. Par contre ce système gangréné met en difficulté la plupart des ménages qui ne font pas partie des 10% les plus aisés.

Certains considèrent que le manque de logements implique une augmentation mécanique des coûts. La hausse récente des prix est inexplicable. Comment l’expliquer autrement que par la spéculation ? En effet, “sur les quarante dernières années, contrairement à ce que l’on pourrait attendre, il n’existe pas de corrélation entre le nombre de logements construits, net de l’accroissement du nombre de ménages, et les variations du prix des logements. Le niveau plutôt bas du prix des logements en 1998 ne faisait pas suite à un flux de construction plus élevé que la moyenne pendant la décennie précédente, bien au contraire, et le niveau très élevé atteint en 2004 n’est pas consécutif à un flux de construction plus faible pendant les années 1998-2004 que pendant la période précédente.” En effet il n'existe pas de corrélation entre les fluctuations des prix avec celle du nombre de personnes par ménage ou du nombre de ménages; dans la lettre de conjoncture du site des notaires (http://www.immonot.com [archive]) de mars 2007 souligne que sur 15 ans (1990-2005), la population française a augmenté de 4 millions et 50 000 personnes et le nombre de parcs de logements de 4 millions et 150 000 unités.

Tous ces chiffres traduisent un dysfonctionnement majeur de l 'économie mais aussi des comportements d'achat basé sur des croyances irrationnelles, le mimétisme comportemental entretenu par des mythes concernant le marché immobilier détermine l'acte d'achat immobilier au delà du bons sens.

Pour sortir de cette gabegie qui nous enfonce toujours plus loin 2 orientations peuvent être mis en œuvre:

  • la socialisation du foncier bâti (le sol). Par exemple, des communes ont créé des régies foncières, ce qui permet de maîtriser le coût de l'emplacement à la construction. Par contre, une fois le foncier vendu le marché reprend ses travers spéculatifs. Il pourrait également se concevoir que le foncier soit mis à disposition par des baux emphytéotiques sur de longues périodes et revienne propriété « socialisée » au terme du bail.

  • la taxation significatives des plus-values y compris pour le logement principal dont la vocation est de contrer cette spéculation qui permet aux plus aisés de s'enrichir en dormant.

webm en 2011

La trappe à liquidité

Les prix augmentent sensiblement, c'est ce que l'on peut constater chaque jour par la baisse de son pouvoir d'achat. Pourtant les pays dits développés sont entrés dans une phase déflationniste. En effet quand on calcule l'inflation hors prix de l'énergie et des produits alimentaires volatils, l'indice d'inflation baisse, c'est à dire que l'inflation sous-jacente a baissé de 2% à moins de 1%.

C'est la conséquence directe de la crise économique dans laquelle nous sommes. La situation économique des pays occidentaux est fortement dégradée, je ne vous apprends rien !

On nous explique que grâce à des politiques monétaires l'économie va repartir. Or il faut bien comprendre que les agents économiques (entreprises, particuliers) ne réagissent pas sur des concepts théoriques des économistes. Ce qui arrive est caractéristique des économies qui sont entrées dans un cycle déflationniste, taux d’intérêts bas, prix des biens et des services stagnants voire en régression, propension à épargner élevée, résultant de craintes pour l’avenir tout aussi bien que de positions d’attente vis-à-vis des prix et des taux d’intérêt. Les agents économiques thésaurisent les liquidités au lieu de les investir ou de consommer.

Dans ces conditions, les politiques monétaires par apport de liquidités aux marchés se révèlent inefficaces. Ces apports en liquidité des banques centrales vont alors nourrir les comptes en banque ou les bas de laine et les matelas. La recherche du « cash » devient l’objectif des entreprises et des particuliers. Ainsi, les entreprises américaines détenaient à l’automne 2010, plus de 2000 milliards $ en cash. Les particuliers vendent leurs actions et leurs obligations et laissent les liquidités obtenues sur leurs comptes en banque.

Une politique monétaire de baisse du taux d'intérêt peut donc être totalement inefficace dans le cadre d'une relance. Par ailleurs ce phénomène de trappe à liquidité peut être durable. Le Japon l’a connu pendant prés d’une dizaine d’années et n’en est pas encore vraiment sorti.

Plus grave, les trappes à liquidité comporte un danger dérivé : la création de bulles. Le moindre signe inquiétant (perspective future de remontée des taux d’intérêts, tendance inflationniste ...) déclenche alors une modification du comportement des agents économiques. C’est ainsi que pour se prémunir des risques futurs les agents économiques transfèrent leur épargne vers l'immobilier, c'est la naissance d'une bulle immobilière qui fait grimper les prix sans relation avec l'activité économique qui d'ailleurs ne redémarre pas....et comme par hasard les prix de l'immobilier flambent à nouveau !

webm en 2011

Pétrole, le pire est encore devant nous

Il y a deux ou trois ans je pensais que la perspective du peak-oil serait salutaire (peak-oil = pic maximum de production pétrolière, ensuite baisse de la production)

Les ressources de pétrole conventionnel plafonnent depuis 2005 et il est désormais prouvé que nous sommes rentrés dans la phase de déplétion de cette ressource, l'AIE (Agence Internationale Énergie) retient l'année 2006. Contrainte de ressources, contrainte écologique et crise économique je me persuadai que notre société allait enfin changer de voie ! C'est à dire que les contraintes allaient imposer de devenir raisonnables.
Or ce n'est pas ce qui se passe. A 100 dollars le baril, l'extraction des pétroles non conventionnels devient rentable. Le très gros problème de ces extractions réside dans les conséquences écologiques dramatiques. Le réchauffement climatique sera plus intense que "prévu"


Les pétroles non conventionnels:

  • les sables bitumineux du Canada (pollution majeure, destruction massive des sols et des surfaces ...)

  • les huiles extra-lourdes du Vénézuela (bassin de l'Orénoque)

  • les forages profonds au large du Brésil ou de la Louisiane (on l'a vu, les compagnies ne savent pas gérer les risques)

  • les forages en Arctique, voir Antarctique désormais possibles avec le réchauffement climatique. Des conflits géostratégiques se préparent entre les pays riverains de l'océan arctique.

  • la transformation du charbon en pétrole (procédé mis au point par les allemands en 1943), ce procédé génère des émissions de CO2 considérables. Par ailleurs les ressources en charbon sont estimés à plus de 150 ans, largement de quoi nous étouffer au CO2.

  • la transformation des gaz de schiste en pétrole. L'extraction de ce gaz est particulièrement dévastatrice. Le kérogène est présent dans les schistes à l'état diffus. Pour l'extraire il faut fractionner des quantités de roches et injecter de l'eau également en très grande quantité, mélangée à des produits chimiques, bref détruire à grande échelle !


Au final tous ces procédés détruisent notre éco-système, il ne faut surtout pas croire que l'un d'entre eux serait préférable aux autres. Le plus grave est encore à venir, il y aurait 70 ans de ressources pétrolières non conventionnelles sur la base de la consommation prévue en 2035. Autant dire qu'il ne faut pas s'attendre à un changement de cap, on va nous expliquer que la technologie évoluera et réglera tous ces problèmes de pollution, que la technologie saura piéger le CO2.....
A ce rythme le réchauffement climatique se situera plutôt vers les +6° alors que le maximum à ne pas dépasser est de +2°.
Bref contrairement à ce que nous pensions il y a encore trop de pétrole.
Par ailleurs je constate ici comme ailleurs que les gens se mobilisent quand le problème les concerne directement, c'est le cas du gaz de schiste. Ce qui est déjà très bien mais n'est pas suffisant. Quand il s'agit du pétrole de l'Alberta (sable bitumineux) personne ne bouge, chacun son problème. Je pense qu'un collectif mondial pourrait se créer qui rassemble tous les opposants à ces projets délirants. Avec internet ce doit être réalisable !

Cette mondialisation des gens, préoccupés concrètement par leur avenir, serait une première réponse à la mondialisation du profit, ce pourrait être le socle d'un nouveau projet de société et du vivre ensemble.

webm en 2011

une nouvelle démocratie

Les démocraties se refusent d'imposer aux citoyens la moindre inflexion de leurs modes de vie, les progrès technologiques permettent pour partie cette fuite en avant.

En effet, le mécanisme électoral contraint les élus à revenir devant leurs électeurs à des intervalles réguliers. L'objectif de l'élu est de durer pour les raisons que nous avons vu dans le billet précèdent (je n'évoque pas ici les « petits » élus de terrain, qui d'ailleurs ne peuvent pas faire carrière) Si bien que l'élu (ou le futur élu) propose toujours des politiques qui démontrent clairement les intérêts des électeurs, parfois jusqu'à la démagogie.

Un candidat qui agirait comme un « juste », en expliquant que notre modèle de société se dirige dans un mur humainement et politiquement inadmissible, commettrait une erreur électorale profonde car l'électorat ne suit que très rarement l'avant-garde éclairée de la conscience.

La boucle est bouclée, la pratique électorale de la politique sclérose la démocratie, c'est l'aboutissement d'une logique sociétale qui consiste à considérer l'intérêt global de la société comme la somme des intérêts individuels.

Or nous vivons un moment particulier de l'histoire des hommes. Ce n'est pas la première fois ni la dernière, mais cette fois-ci nous sommes confrontés à une réalité nouvelle; notre terre est finie (c'est à dire que les ressources naturelles sont limitées) et ne peut pas supporter un projet infini.

Il s'agit donc de savoir quel projet humain sera possible et pour cela il devient donc urgent de revoir nos modèles démocratiques; primo pour concilier le court et le moyen terme, secundo pour réduire le carriérisme politique et tertio pour s'assurer des compétences politiques qui dépassent les intérêts immédiats.

Dominique Bourg, philosophe, propose de séparer ce qui relève du court-terme et du moyen terme. Le court-terme serait confié à une assemblée d'élus traditionnels qui auraient en charge les sujets quotidiens et événementiels.

Le moyen terme et le long terme serait confié à une nouvelle institution qui remplacerait le Sénat dont la population ne sait plus à quoi il sert. La fonction de cette assemblée serait double; primo, élaborer de grands projets de réforme du vivre ensemble en favorisant le passage à une société économe des ressources, secundo, opposer son véto aux projets de loi qui contrediraient les deux objectifs constitutionnels précédemment exposés. Cette assemblée ne serait donc pas législative, elle pourrait intervenir soit à l'amont soit à l'aval. Dominique Bourg propose également un mode de désignation original car le processus électoral classique a montré ses limites. Il propose donc que ce nouveau Sénat soit constitué au 2/3 de membres choisis au hasard sur des listes de personnes qualifiées, listes qui pourraient être constituées par les ONG. Et bien sûr le mandat serait unique dans le temps et la durée.

Je trouve ces propositions intéressantes car elles permettraient de faire évoluer le modèle politique traditionnel, à bout de souffle, et ainsi sauver la démocratie de son délitement.

webm en 2011

Le pouvoir

Les récents événements en Tunisie, Égypte m'ont beaucoup intrigués. Depuis longtemps je m'interroge sur l'apparente immobilité de nos sociétés. Bien que les évolutions technologiques soient très rapides (la loi de Moore explique que les capacités technologiques doublent tous les 18 mois) force est de constater que les progrès sociologiques sont à la traîne, quand il ne s'agit pas de régression. Cette contradiction m'a toujours interpellé.

Le rôle joué par ceux qui détiennent le pouvoir est à cet égard symptomatique. J'ai d'ailleurs la conviction que ceux qui ont le pouvoir, que ce soit dans les pays démocratiques ou dans les pays autocratiques, sont le frein principal à l'émergence du progrès humain.

Je m'explique:

La vocation théorique du pouvoir politique est de proposer une vision prospective de l'avenir de la société (la cité) et d'impulser les changements. Cela suppose une capacité de remise en question des inerties sociétales et donc de soi-même bien évidemment incompatible avec la pétrification du pouvoir.

La réalité est bien différente, ceux qui ont le pouvoir n'ont pas l'intention de le laisser. Il y a bien sûr les explications données par ceux qui sont concernés, elles sont toujours altruistes y compris pour les autocrates; personne n'explique que c'est par intérêt personnel. On finit toujours par habiller la réalité par des alibis comme « l'intérêt collectif », « les compétences », « l'expérience » ...bref toujours les mêmes litanies.

Examinons le comportement des dictateurs ou autocrates. Ils occupent le pouvoir depuis des décennies. La plupart du temps ce pouvoir a été capté dans le cadre d'une rente de situation, soit l'un a pris la suite du père, soit c'est le parti unique qui a permis la cooptation.....etc les cas sont nombreux ! A cet égard on pourrait tenter des similitudes avec les démocraties ou on peut constater des modes de continuités politiques équivalents, mais habilement maquillés par des rites démocratiques. Les autocrates restent au pouvoir 20, 30 ans voir plus au pouvoir ...nous le constatons également dans les démocraties, les exemples sont innombrables. On pourrait même conclure que cela pourrait durer jusqu'à la nuit des temps, d'ailleurs ces pratiques sont très anciennes, elles se pratiquaient du temps des empereurs romains.

Et puis les peuples se rebellent, c'est ce qui se passe en Afrique du Nord et aussi dans d'autres pays comme Haïti. Lassés, les peuples, dans le cas de pays, électeurs pour d'autres niveaux, signifient très clairement que celui ou celle qui a le pouvoir doit partir. Ils finissent toujours par partir, mais pas de bon gré. Le plus étrange est d'ailleurs cette pantomime qui paraît burlesque, les autocrates ou individus enkystés dans le pouvoir (c'est peut-être l'inverse, le pouvoir enkysté par certain) qui déclare vouloir rester pour terminer leur mission (on se demande laquelle ?) Le plus rigolo a été Duvallier à Haïti qui est revenu proposer ses services. En fait ces individus ont un tel besoin d'exister par le pouvoir (être gratifié à titre personnel, ce qui est une forme sophistiquée et dangereuse de l'égo-centrisme) qu'ils sont devenus sourds et aveugles, ils n'entendent plus les gens si tant est qu'ils aient jamais écouté. On pourrait penser que cela ne concerne que les autocrates, en réalité nos démocraties sont menacées de façon semblable même si les règles du jeu paraissent plus libres. On peut dire les choses à la différence d'une autocratie mais finalement cela ne change pas les « drogués » du pouvoir....car comme dit le proverbe "les promesses n’engagent que ceux qui écoutent !"

Pourquoi ?

Pour deux raisons essentielles que l'on peut aussi hiérarchiser entres elles. Car même dans les analyses on peut se tromper dans la racine des causes. Je précise. En général on explique que le pouvoir permet de s'octroyer des avantages significatifs, scandaleux dans le cas des autocrates. C'est bien évidemment vrai et vérifié, la richesse de ceux qui ont le pouvoir politique est toujours supérieure à ceux qui n'ont pas le pouvoir. Mais ce n'est pas la seule raison, les hommes et femmes de pouvoirs souffrent d'un problème qui les motive à agir pour accéder au pouvoir. Ils ont besoin du regard condescendant des autres (les dominés en terme sociologique) pour être bien dans leur peau de "dominant". Quand les dominés regardent les dominants avec des yeux de « merlan frit » les hommes et femmes de pouvoir ressentent une profonde gratification, pour certains à la limite de la jouissance. Parvenu au pouvoir, quel qu'il soit, l'objectif est de durer pour bénéficier le plus longtemps possible des deux gratifications « être admiré » et « avoir ». La finalité théorique n'est plus qu'un vague alibi, qui permet, dans le meilleur des cas, de préserver ses fidèles. La conséquence est une société bloquée aux évolutions indispensables et à tous les niveaux.

Pour contrer cela il n'y a que la solution de limiter sérieusement la durée des représentations et de revoir radicalement les modes de désignations des responsables politiques....mais là, comme on peut le constater, la résistance des dominants sera considérable.....avec des argumentations connues et éculées "on ne va se tirer une balle dans le pied !" ...etc

webm en 2011

Ce n'est pas si simple

La valeur ajoutée des entreprises a reculé de 2,6% entre le début de la crise en 2008 et le troisième trimestre 2010. Le niveau de l'avant crise n'a toujours pas été rattrapé. Plus inquiétant même, les entreprises ont « d'une certaine façon » limité le massacre, mais pour combien de temps ?

Comment ?

  • Sur cette même période le chiffre d'affaire des entreprises est inférieur de 4,2% au niveau de l'avant crise.

  • Les salaires sont restés stables, ils ont augmenté de 0,4% (on devrait plutôt parler de masse salariale, car le chômage a considérablement augmenté. Les salariés du « noyau dur » des entreprises n'ont pas été trop impactés)

  • par contre les entreprises ont considérablement diminué leurs achats (les consommations intermédiaires ont baissé de 5,3%)

Par ailleurs l'excédent brut d'exploitation (EBE) des entreprises a baissé considérablement. La part de l'EBE * dans la VA est fin 2010 de 30%, soit un niveau inquiétant qui rappelle la situation des années 1985 (sur la période 1980/1985 les sociétés financières perdaient globalement de l'argent, globalement les entreprises avaient des charges qui excédaient les produits)

En parallèle, grâce à la politique de la BCE, les intérêts des emprunts ont considérablement baissés, ce qui a permis aux entreprises de réduire leurs frais d'emprunts et donc de limiter la baisse de la VA.

Au final si la baisse globale des chiffres d'affaires est de 4,2% la baisse de la VA n'est que de 2,6%, par contre les excédents d'exploitation mettent en danger le redémarrage pérenne de l'économie.

En outre les dividendes versées aux goinfres ont augmenté de 18,7 milliards d'€ (7,5% de la VA en 2008) à 19,6 milliards d'€ (8,1% de la VA en fin 2010).

Les entreprises ont donc amorti la crise financière par une politique classique de réduction des coûts (en réduisant leurs achat, en écoulant leur stock, en réduisant l'investissement …) et sans remettre en cause la distribution des dividendes. Malheureusement cette politique de réduction de l'activité des entreprises ne peut pas être poursuivie sans mettre en péril l'économie dans son ensemble.

Au final la situation est complexe. Elle ne peut pas durer comme actuellement sinon un effondrement économique nous guette. Mais en même temps nous savons, pour ceux qui veulent bien l'admettre, que le modèle économique basé sur la croissance à tout crin n'est pas pérenne. Si bien que pour éviter la crise sociale du siècle ou du millénaire, il faut faire repartir l'économie sans retomber dans le schéma précédent.

La remise en cause du système économique est donc indispensable. Mais ce n'est certainement pas suffisant, la remise en cause doit être politique et globale.

Mais ceux qui considèrent encore avec simplisme les choix économiques et politiques ne peuvent que nous égarer par des propositions manichéennes et démagogiques de type Sarko-show-biz. La réalité est complexe, ce n'est pas une émission de variétés à la TV, ni un autre « zapping » numérique. Changer de modèle, réformer la société, rendre le monde plus juste ...etc bref ce vaste ensemble que l'on appelle le système ne peut être réformé à la légère par quelques propositions marketing bien ciblées dont l'objectif est de faire gagner les élections. La politique ne se résume pas à trouver des solutions à des problèmes, c'est un choix de société.

webm en 2010

Le scandale des dividendes versés aux actionnaires

  • Analysons les données nationales pour les entreprises non financières:

  • le revenu disponible brut (RDB) correspond à ce qui reste aux sociétés après déduction des charges d'exploitation MAIS à l'exception de l'amortissement du capital fixe (machines, bâtiments ...) Dans le RDB on retrouve les dividendes versés aux actionnaires et parasites en tout genre, les revenus des placements financiers, les subventions …

  • quand on soustrait l'amortissement du RDB on obtient le RDN (revenu disponible net), c'est en quelque sorte les fonds propres des entreprises qui peut être complété par les emprunts.

  • Or entre 1970 et 2007 le RDN a été négatif à 2 reprises:

    • entre 1974 et 1985. Durant cette période la part des salaires avaient augmenté dans le partage de la VA (c'est ce niveau de référence qui est utilisé par la gauche "marxienne") Quant aux économistes libéraux, ils évoquent cette période par "bulle salariale"
    • et ......beaucoup plus curieux le RDN est à nouveau négatif depuis 2004 (25 milliards d'€ en 2007) Mais cette fois-ci la part des salaires n'a pas remonté, elle est stable à 80.5% de la VAB-CF (valeur ajoutée brute déduction faite des taxes) , par contre les dividendes nets versés ont largement augmenté (77 milliards d'€ paraît même que c'est le record) Et comment réussir ce tour de passe passe ? tout simplement par le crédit; le coût du crédit a beaucoup baissé au point de rendre le coût du crédit plus attractif que le rendement du capital investi. En clair les dividendes versés ont été financés par l'emprunt. Cette période est appelée "bulle actionnariale", elle a permis avant son éclatement d'enrichir quelques goinfres peu scrupuleux, mais au bout du compte ce sont les salariés qui trinquent.
Les dividendes versés sont donc financés "à crédit". Certains s'étonnaient que les résultats des entreprises puissent être encore très importants et imaginaient des solutions pour mieux répartir le partage de la valeur ajoutée entre capital et emploi. La réalité est beaucoup plus prosaïque et démontre qu'il est urgent d'agir sur les revenus en tant qu'injustice sociale.

webm en 2010

le partage de la valeur ajoutée (VA)

En 1960, 70% des emplois étaient salariés.

Actuellement ce % a augmenté jusqu'à 89%. Ce qui implique une augmentation de la part des salaires dans la VA d'où la nécessité de corriger cette répartition sur la base d'estimation pour analyser les tendances de partage de la VA.

Comment se définit la Valeur Ajoutée (VA):

La VA est égale à la différence entre ce que produit l'entreprise et les biens/services/matières qu'elle achète pour produire. Elle se décompose comme suit:

  • salaires

  • intérêts des emprunts

  • impôts sur les bénéfices

  • solde qui revient aux propriétaires du capital

A ce niveau là la VA est dite « brute »; elle intègre donc la consommation de capital fixe (capital pour la production; machines, équipements …)

on observe des tendances dans le temps:

  • jusqu'en 1973 la part des salaires dans la VA brute était stable, autour de 70%

  • de 1974 à 1986 la part des salaires est passé à 74% soit + 4 points.

  • depuis 1987 cette part baisse et se situe autour de 65%

  • cette dernière tendance tendrait à démontrer que le partage de la VA profite désormais d'avantage au capital

or la composition de la VA a évolué:

  • la VA brute inclut des impôts sur la production et salaires (TIPP, taxe sur les salaires …) qui ont augmenté de presque 3%. Il est donc nécessaire de déduire tous ces impôts pour aboutir à la Valeur ajoutée au coût des facteurs (VAB-CF)

  • l'évolution de la différence entre la part des salaires et le capital se réduit alors à 2% environ, par ailleurs la VA-CBF est calculée avant tout amortissement

Les amortissements:

  • la production nécessite de plus en plus d'équipements « sophistiqués » à la durée de vie de plus en plus courte, par exemple les équipements informatiques peuvent être amortis en 3 ans voir moins

  • la consommation de capital fixe a ainsi varié de 15.3% en 1959 à 11.7% en 1973 pour remonter à 14.6% en 1987 et se stabiliser entre 14.1% et 15.3% depuis.

  • Au final la consommation de capital fixe remplace du travail par du capital fixe pour environ 2.5%

Conclusion:

Taxer le capital est philosophiquement juste; il est juste de taxer la rente plutôt que le travail. Encore faut-il ne pas se tromper de capital; le capital productif est essentiel à la production (évident), alors que les revenus financiers sont surtout issus de spéculations.

Nous venons de voir que le partage de la VA entre salaire et capital productif est stable dans le temps. Bâtir un programme politique qui consisterait à rétablir un niveau de partage entre travail et capital, notamment pour financer l'ensemble des contributions sociales, peut donc s'avérer une fausse piste pour la gauche et une impasse. Il serait risqué à moyen terme de présenter cette solution « comme la solution » pour répondre à l'insatisfaction croissante des salariés. Insatisfaction qui s'explique pour partie par l'augmentation des prélèvements sociaux qui a amputé le pouvoir d'achat des salaires de 5 points ...ce qui a permis d'améliorer les revenus financés par les cotisations sociales (indemnités maladie, retraites ...)

Je pense qu'il est prioritaire pour la gauche de travailler à un modèle juste et pérenne de partage des revenus et de la richesse; entre TOUS les revenus et toutes les richesses, entre les revenus de la rente et les salaires, entre les actifs et les retraités …. et entre les salariés eux-même.

webm en 2010

Le financement du système social

Les prélèvements sociaux ont pour objectifs de financer la solidarité au sens large. En quelque sorte ces prélèvements obligatoires sont des revenus implicites (redistribués) qui permettent à chacun de bénéficier de services, de prestations sociales, d'une couverture santé ….Néanmoins dans l'imaginaire social ou socio-social le caractère solidaire et altruiste des prélèvements obligatoires n'est plus perçu. Le vécu est celui d'une contrainte de plus en plus difficile à supporter et chaque augmentation de prélèvement est assimilée à une réduction du pouvoir d'achat. Il faut dire que le discours libéral et individualiste est très bien orchestré dans ce sens.

Néanmoins l'électorat ne souhaite pas abandonner ce système social car a très bien compris, que aussi imparfait soit-il, ce système le préserve de la précarité, des aléas et accidents de la vie ….En réalité il s'agit plus de travailler sur l'efficacité réelle du système plutôt que de le détruire comme le propose la droite.

La gauche, et les organisations syndicales, souhaite bien évidemment préserver et développer ce système. Le débat actuel se focalise donc sur la réduction ou le maintien d'un système, pour partie étatisé, dont chacun sait qu'il est de moins en moins efficace. La droite évidemment a pour objectifs de le réduire, ce qui logiquement améliorera l'efficacité économique mais aboutira immanquablement à réduire la cohésion, la solidarité et déstructurera la société (le processus est déjà en cours). Quant à la gauche elle imagine des solutions dites plus équitables pour augmenter les recettes du système; elle propose donc que les revenus du capital soient intégrés dans le financement du système. Bien sûr cette proposition est, du point de vue philosophique, juste. Néanmoins il n'est pas prouvé qu'elle soit efficace à moyen terme; les dynamiques qui déterminent la société de demain, comme le vieillissement de la population, ne sont pas réellement prises en compte pour le moyen terme.

Quelques chiffres:

Pour 100 euros de salaire net il faut compter en moyenne 73 euros de cotisations sociales (employeurs + salariés) plus 10 euros de CSG, soit 45% de « charges » sociales pour la protection sociale. Ce montant non perçu par le salarié en tant que salaire est un revenu socialisé qui permet à chacun de bénéficier d'une couverture sociale, c'est donc bien un revenu réel.

Comment améliorer l'efficacité du système:

  • Les cotisations sont un prélèvement sur la valeur ajoutée indexés sur les salaires, plus les salaires sont importants plus les cotisations le sont, plus il y a des salariés dans une entreprise plus le montant total des cotisations est élevé. Afin de limiter les effets pervers de ce financement qui assimilent in fine les cotisations à une charge, il pourrait être envisagé une cotisation unique par entreprise au prorata de sa valeur ajoutée et quelque soit le nombre de salariés. Cette cotisation pourrait financer pour partie la protection sociale y compris les retraites.

  • Une deuxième idée connexe vient alors. Pourquoi ne pas procéder de la même façon avec les salaires, à savoir que les entreprises versent une cotisation unique au prorata de sa valeur ajoutée à une caisse chargée de rémunérer les salariés. Ce serait ensuite cette caisse qui rémunérerait les salariés suivant des critères à définir et dont on peut supposer que l'éventail des salaires serait réduit.

  • La 3ème part restante de la valeur ajoutée serait alors réservée à l'entreprise, notamment pour la consommation de capital fixe (investissements).

webm en 2010

L'impôt peut être un outil social de justice, pourtant ce n'est pas le cas.

Notre système fiscal est injuste, par ailleurs il est une idée couramment admise qui consiste à affirmer que les pauvres en profitent abusivement, c'est ce que certains appellent l'assistanat. Notre système fiscal en réalité participe peu à la redistribution; c'est un système assemblé au fil du temps pour permettre à l'État de faire des recettes sans trop perturber la structure sociale; les privilégiés restant des privilégiés et les pauvres des pauvres. Il n'y a que le discours qui évolue pour rendre impopulaire l'impôt et in fine aboutir à le réduire, principalement celui sur le revenu.

La fiscalité peut se schématiser sur 3 grands impôts; l'impôt sur le revenu (IR), les taxes et la CSG (contribution sociale généralisée):

  • L'IR est un prélèvement progressif élaboré sur la base de tranches successives. Les taux les plus élevés (ou taux marginaux) sont en principe supportés par les ménages les plus aisés. Cette progressivité aurait pu permettre un rattrapage juste des rémunérations. Néanmoins le sentiment qui prédomine est celui que l'État ponctionne exagérément les classes moyennes. L'IR représente 7.4% du revenu en France (contre 9.1% pour les pays de l'Europe des 15)

  • La CSG est une contribution obligatoire proportionnelle au revenu. Le principe des taux progressifs ne s'applique pas. En effet la problématique social concerne tout le monde et chacun doit y participer. C'est pour cela que ce prélèvement est simplement proportionnel. L'inconvénient est qu'il ne permet pas un ré-équilibrage des revenus, par contre il permet à chacun de participer à la solidarité nationale.

  • Les taxes sont appliquées dans toutes les directions, l'objectif étant de collecter le plus possible de façon indirecte pour ne pas brusquer les psychologies de ceux qui payent, l'électeur. La TVA est à cet égard emblématique de cette conception de faire des recettes, elle aboutit dans les faits à pénaliser celui qui a des faibles revenus. En effet ces personnes sont l'obligation de consommer pour assumer leurs besoins notamment fondamentaux et donc de payer obligatoirement des taxes.

  • Finalement ce système permet de ménager les privilégiés, les ménages du dernier décile (les plus aisés) supportent 23.8% de fiscalité totale quand ceux du premier décile supportent 18%. Il faut savoir qu'un smicard laissent 3 mois de salaires à l'État entre la TVA et la CSG, et bien sûr sans compter les autres cotisations sociales qu'il doit assumer.

Revenir au sens de l'impôt.

Il y a 2 sens de la fiscalité qui correspondent à des objectifs différents. Celle de droite qui consiste à faire des recettes par les moyens les plus divers, principalement les taxes, et à limiter les dépenses. C'est la conception royale de l'État bien décrite par Turgot.

Et puis celle de gauche qui considère que cela peut être un outil social de justice. Voici quelques solutions qui peuvent permettre l'émergence d'un outil social de justice.

  • Impôt prélevé à la source sur tous les revenus (la seule exception peut concerner les revenus du livret A !!) Cette modalité devrait permettre de limiter tous les tentations pour réduire la fiscalité pour certains (niches fiscales)

  • financement des retraites par la fiscalité (qui sera donc à re-définir), le système actuel basé sur le travail présente 2 défauts majeurs. Il pérennise les injustices de la structure sociale; les salaires les plus élevés ont ou auront les retraites les plus élevées (c'est à dire des rémunérations hiérarchisées pour ne plus travailler) et d'autre part exonère pour partie les revenus du capital de cette obligation sociale.

  • intégration du RSA dans la fiscalité sous forme de crédit d'impôt, pour sortir de cette dépendance de type assistanat.

  • fusion de l'IR et de la CSG, cette solution paraît intéressante d'une part pour donner la globalité de l'impôt mais une part sociale calculée au prorata des revenus doit rester pour afficher la vérité des prix sociaux. Le financement des retraites par l'impôt pourrait également être intégré dans cette nouvelle fiscalité.

  • Remplacement de la TVA par une taxe écologique, la consommation revêt plusieurs dimensions. Les besoins fondamentaux à la vie peuvent être détaxés au maximum, par contre nous savons que l'hyper-consommation est destructrice de la société. L'acte de consommation doit donc être encadré par une fiscalité qui en limite les nombreux effets pervers. Par ailleurs peut-on admettre que des individus fortunés puissent polluer et détruire notre planète au seul prétexte qu'ils sont riches. Par exemple pour les voitures haut de gamme une TVA de 100% n'est pas aberrante. Par ailleurs il est évident que les produits importés seront plus taxés, ne serait-ce que pour compenser le coût écologique du transport.

webm en 2010

les injustices emblématiques

Hier, je réfléchissais à quelques éléments essentiels ….qui caractérisent les injustices et la "bonne gestion" politique de la droite, j'en ai sélectionné quelques unes...emblématiques:

1- la dette publique de la France est de 1500 milliards d'€ soit 23 500 € par habitant: Or cette dette s’est creusée en raison des cadeaux fiscaux aux riches, lesquels ont fait d’une pierre deux coups: ils payent moins d’impôts, ce qui oblige l'État à emprunter auprès d’eux. Il sont donc doublement gagnants.

2- Le salaire moyen des PdG des 120 premières entreprises Françaises sont en moyenne de 1 million 350 000 € par an: il y aurait des personnes qui seraient 100 fois plus méritantes que nous. C'est impressionnant non ? Soit 100, 200 fois plus que nous ! D'après notre président c'est parce qu'ils sont talentueux, ce qui veut dire que nous ici nous n'avons aucun talent ! ?

3- Il y a 8 millions de pauvres en France c'est à dire des personnes ayant des revenus mensuels inférieurs à 600 € n'est-ce pas choquant ? 600 € c'est grosso-modo le revenu horaire des PdG.

4- Il y a 3.6 millions de chômeurs, ET si on ajoute toutes les catégories de chômeurs, les emplois précaires et les temps partiels subis on arrive à 8 à 9 millions de personnes soit 1/3 (27 millions d'actifs). La droite explique qu'il faut « travailler plus pour gagner plus » propos scandaleux pour ces millions de personnes alors que d'autres s'enrichissent sans rien faire.

5- Pour revenir à nos PDG, d'après la droite ce sont les 120 Français les plus « méritants », quant on parle d'écologie si chaque terrien vivait comme eux il faudrait 200 planètes pour satisfaire leurs besoins. Pour le PdG d'EDF, encore plus méritant que les autres, c'est 300 planètes (j'arrondis avec un tel gaspillage on peut en perdre 1 dans les statistiques)

6- La biodiversité, la France est un des pays les moins respectueux de son écosystème, Elle figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d'espèces mondialement menacées. Que fait la droite ? Elle a d'ores et déjà condamner le thon rouge. Que restera-t-il à nos enfants ? Du thon en boîte ? Une nature préservée et réservée à une élite ?

7- Les émissions de CO2, la France est un des pays les plus émetteurs, avec 418 millions de tonnes d'émissions de CO2. Il n'y avait pas de quoi pavoiser à Copenhague. Pour tenir ses objectifs médiatiques la droite a tenté de mettre en place une réforme qui pénalise les plus modestes ET qui ne sera pas efficace.

caricature-dd.jpg

En réalité on parle beaucoup des injustices et des inégalités, mais comme disait Jaurès

«Quand les hommes ne peuvent pas changer les choses, ils changent les mots» Vous l'avez compris, les conservateurs changent les mots et pas les choses. Ils utilisent le jargon communicant du show bizz, ils invoquent "la réforme" pour ne rien changer en réalité et nous faire croire l'inverse.....et ça marche !!

webm en 2010

la productivité

Nous avons vu dans les billets précédents que l'énergie fossile, en particulier le pétrole, est un amplificateur « fabuleux » de productivité. Le prix payé est très lourd, excessif. D'une part notre goinfrerie en pétrole est si élevée que nous allons bientôt rentrer dans la raréfaction critique des ressources. D'autre part le prix écologique de notre avidité pétrolière aura une conséquence irréversible, malgré ce que dise les facho-négationnistes, le réchauffement anthropique de la terre est engagé.

Mais il n'y a pas que les dégradations écologiques.

productivite-noire.jpg

La productivité permise par cette ressource pas chère a des conséquences radicales.

Pour la plupart des économistes il y aura toujours des gains de productivité, ainsi pour un volume constant de travail la production progresse sans cesse.

Mais cette belle mécanique de la croissance et du productivisme est déréglée, si tant est qu'elle a réellement bien fonctionné. Pour pouvoir absorber les gains de productivité et l'augmentation du volume de travail (les nouveaux entrants sur le marché du travail), une croissance moyenne de l'ordre de 3% est indispensable. Nous avons vu précédemment que ce principe est imbécile, illogique, car sur cette base de 3% la croissance double en 25 ans et est multipliée par 20 en 1 siècle...il est évident que ce modèle n'est pas soutenable, il s'apparente plus à une razzia des ressources jusqu'à épuisement total.

Prudemment et sans remettre le modèle quasi religieux de la croissance les économistes prennent donc généralement pour hypothèse un taux de 1,8%. Implicitement cette hypothèse revient à accepter soit la diminution de l'emploi à temps de travail constant, soit la diminution du temps de travail pour maintenir l'emploi total.

Les économistes de droite, malhonnêtes ou adeptes de la langue de bois, sont bien sûr opposés à la diminution du temps de travail et prétextent que seule la croissance permettra de créer des emplois tout en affichant des objectifs de taux de croissance contradictoires à leurs principes.

Les économistes traditionnels de gauche préconisent eux de réduire le temps de travail en fonction des gains de productivité. Autrement dit sur une base de gain de productivité par exemple de 2%, ils proposent de réduire le temps de travail de 2% par an. Or, le temps de travail, sur un rythme de 2% par an serait de 25 heures en 2025, 15h en 2050 et ….5h en 2100...jusqu'à sa suppression. Dans les deux cas de figure, la croissance par la productivité aboutit à détruire l'emploi, soit par la raréfaction de l'emploi ou soit par la raréfaction du temps de travail.

In fine la croissance productiviste aboutit immanquablement à détruire les ressources , notre éco-système et aussi l'emploi.

webm en 2010

Le prix logement est fictif et trop cher

Les Français consacrent en moyenne 25% de leurs revenus au logement. Ce pourcentage est relativement homogène suivant les échelles de revenus. Ainsi les 10% des Français les plus riches consacrent 25% au logement, on retrouve également ce pourcentage pour les Français les plus modestes. Bien évidemment la différence concerne le type de logement; ceux des plus aisés correspondent à des niveaux de standing inaccessible pour les plus démunis et les classes modestes.
Depuis une vingtaine d'année, de façon progressive, les classes moyennes sont à la peine. Gagnées par le rêve mythique du pavillon et de l'accession à la propriété, les classes moyennes, dans un premier temps celles dites « classe moyenne inférieure », se retrouvent fragilisées par l'accession à la propriété. Ainsi cette classe moyenne consacre 32% des ses revenus au logement et jusqu'à 48% pour les accédants la propriété. Situation d'autant plus préoccupante que le prix du logement est avant tout spéculatif et ne représente pas sa véritable valeur.
En 1958 un logement coûtait à l'achat en moyenne 70 loyers et, 40 ans plus tard, en 1998, il fallait dépenser en moyenne 133 loyers pour devenir propriétaire. En 2008, au plus haut de la bulle immobilière, un logement coûtait en moyenne 262 loyers. Les prix étaient donc surestimés de 80%. En effet il n'y a aucune raison objective, hormis spéculative, qui peut justifier l'inflation de 70 loyers à plus de 200 actuellement.
La méthode la plus objective pour évaluer la cohérence du prix d'un logement est de comparer le prix du logement et le prix du loyer. Plus le rapport (prix du logement / prix du loyer) est élevé moins est rentable l'investissement. C'est à dire que si nous exprimons le prix du logement en nombre de loyers on réalise que plus le prix en nombre de loyers est élevé, plus il faudra de temps pour « amortir » cet achat si le logement est mis en location. Sur le graphique ci-dessous on matérialise que l'achat d'un logement à Paris est beaucoup moins rentable qu'à Dunkerque: à Paris le rapport (Prix logement / Prix loyer) est de 323, soit 323 mois pour amortir l'achat à Dunkerque le rapport est de 133, soit 133 mois pour amortir l'achat.
En fine il est plus judicieux d'investir à Dunkerque. Mais ce n'est pas ainsi que cela se passe. L'imaginaire sociale est déterminé par la représentation. Les individus n'hésitent donc pas à acheter des logements aux coûts prohibitifs; en réalité ils achètent également leur représentation sociale...à un prix très élevé.



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