Blog de Thierry Abrial

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webm en 2010

les abysses de l'Etat

Depuis plusieurs semaines on voit ci et là que le déficit de l'État atteint des records inégalés. Ce déficit serait de 1500 milliards, chiffre considérable et qui dépasse notre entendement. Nous entendons dire tout et n'importe quoi sur ce sujet, la droite principale contributrice de ce déficit stigmatisant la gauche (et l'impôt) et la gauche se réfugiant à juste titre derrière le fait de ne pas être au pouvoir depuis bientôt 10 ans.

Comment se répartissent les recettes de l’État:

  • la TVA: 49% ;

  • l’IRPP (impôt sur le revenu) : 21% soit en gros les charges financières de la dette

  • l’IS (impôt sur les sociétés) : 8%

  • les autres impôts : 22%.

  • pour un total de recettes de 252,2 milliards d'€

les dépenses:

Le total des dépenses sera de 352,6 milliards d'€ en 2010. On voit immédiatement que le déficit prévu est de plus de 100 milliards. Depuis le traité de Maastricht le déficit budgétaire des États devrait être inférieur à 3% du PIB et la dette inférieur à 60% du PIB. D'autre part avec la création de l'Euro et de la BCE les États n'ont plus la possibilité d'utiliser la planche à billets des Banques Centrales, c'est à dire que la dette publique ne peut être renflouée par des émissions monétaires (c'est à dire de l'inflation monétaire)

Sur ce budget de dépenses les 2/3 sont incontournables; les salaires, les pensions, la charge de la dette, les dotations aux collectivités et à l'Union Européenne. Ici aussi on s'aperçoit que la problématique de la dette est structurelle malgré la crise. Le déficit annuel correspond aux dépenses de fonctionnement, d'interventions et d'investissement de l'État. Ces dépenses sont indispensables à la nation, elles permettent au pays de fonctionner et préparent l'avenir.

La droite propose de réduire les dépenses en réduisant les effectifs de fonctionnaires. Si tant est que cette mesure soit justifiable, il apparaît clairement que le résultat sera dérisoire. C'est avant tout l'application de principes dogmatiques mais sans réelle efficacité. Par ailleurs elle affirme qu'en réduisant les recettes, c'est à dire l'imposition des plus riches (bouclier fiscal), les recettes seront plus importantes notamment par la consommation et donc la TVA. Ce tour de « passe passe » impressionne «gagner plus en gagnant moins ! », ça vaut bien le « travailler plus pour gagner plus » ce qui peut se résumer à « travailler plus pour gagner moins »

«Quand la droite ne veut pas changer les choses, elle change les mots.»

La gauche quand à elle privilégie l'impôt sur le revenu et proposerai une augmentation de la fiscalité directe. Néanmoins il est farfelu d'imaginer que cette imposition soit augmentée du montant du déficit, cela reviendrait à multiplier par 3 l'impôt sur le revenu. L'IS (impôts sur les sociétés) pourrait être augmenté, mais se pose la question du dumping Européen, les pays à faible imposition attirant les entreprises à forte intensité capitalistique. Il ne reste alors que la relance de la consommation pour augmenter les recettes de TVA...et la boucle est bouclée, avec deux approches différentes on arrive au même résultat.

En conclusion nous savons que la problématique de la consommation est centrale pour faire évoluer la société vers plus de justice sociale et écologique. Or nous constatons que l'État est englué dans une système de financement qui le mène à sa perte et dont il est illusoire de prétendre qu'il puisse être réformé, au sens vrai du terme et non pas médiatique. La gauche doit donc revoir significativement son projet (ou corpus idéologique) pour proposer un nouveau modèle qui soit une réelle alternative au modèle consumériste.

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énergie et inconséquences

Nous avons vu que les énergies fossiles avaient changé la nature du travail et de l'économie. On peut même considérer que l'énergie, notamment le pétrole, est plus indispensable que le travail. La société s'accommode très bien des chômeurs et des précaires, mais se bloque très rapidement sans l'énergie du pétrole. Les pipelines sont de gigantesques intraveineuses de l'économie et bizarrerie très américaine nos experts en économie l'ignore ou réduise cette importance à une matière première banale. Deux raisons perturbent cette belle mécanique économique virtuelle; le pic pétrolier dit de « hubber » et le réchauffement climatique. Pour produire toujours plus nous nous goinfrons d'énergies fossiles mais à un prix qui risque d'être exorbitant pour les générations futures, le déséquilibre de l'éco-système « Terre » est enclenché et continuera à s'amplifier jusqu'à un seuil inconnu.

inerties-fossile.jpg

Pour ma part je considère cette problématique, si elle est prise en compte préventivement, comme une opportunité à infléchir le cours ancestral des choses de la société. Néanmoins, restons réalistes quand je pense à inflexion je pense à « dérivée seconde » (si vous préférez la tendance de la tendance)

Le tableau ci-dessous présente pour la France les empreintes en hectare par destination (nourriture, logement …) et par usage (énergie, terres cultivées, pâturage …) On voit immédiatement que la problématique de l'énergie est essentielle.

en ha énergie terres cultivées pâturage forêt terres construites pêche total %
nourriture 0,3 0,8 0,2

0,4 1,7 0,32
logement 0,8

0,1 0,1
1 0,19
transports 0,8




0,8 0,15
Biens & services 1,2 0,1
0,4 0,1
1,8 0,34
total 3,1 0,9 0,2 0,5 0,2 0,4 5,3

En fixant comme critère de ne pas bousculer la société et l'opinion publique, alors nous devons prendre des objectifs modestes ...acceptables. En même temps on peut supposer que cette modestie, avec la volonté de changer, pourrait se traduire par des conséquences améliorant la justice sociale. Mais peut-être que même cette modestie sera perçue comme trop radicale. Sur le tableau précédent on voit que la consommation d'énergie prélève 3.1 ha sur les 5.3 de l 'empreinte moyenne des Français. En particulier 3 secteurs posent problèmes; le logement, les transports et la consommation hors alimentation. Ce n'est pas un surprise vous en conviendrez.

Analysons le cas du logement:

En France la consommation énergétique des logements est supérieure en moyenne à 200 kw/h/m2. La norme RT 2005 fixe modestement la norme d'isolation à 85 Kw/h/m2. En faisant peu d'efforts supplémentaires nous pourrions cibler une norme de l'ordre de 30 kw/h/m2. Je postule donc que sans trop d'efforts on peut diviser par 3 l'empreinte écologique du logement. Pour cela il faudrait isoler beaucoup plus que 400 000 logements par an (objectif très modeste du Grenelle de l'environnement) et s'engager dans la véritable mutation énergétique qui créerait des emplois. Car au rythme de 400 000 logements par an, il faudra 75 ans ! Par ailleurs cela ferait baisser la consommation énergétique des ménages, notamment les plus modestes et in fine améliorerait le pouvoir d'achat...encore faut-il pouvoir financer cette restructuration écologique.

Comment le financer ?

La dette publique est de l'ordre de 1500 milliards d'euros à ce jour. Nous ne touchons pas encore le fond, les abysses des déficits vont encore se creuser car on devrait atteindre plus de 100% du PIB d'ici 2015 (prévision de l'OCDE) Il est donc indispensable de trouver des recettes nouvelles et qui soient strictement réservées à cet objectif; il me paraît farfelu de financer la restructuration écologique en accroissant encore le déficit. Bien sûr il est possible de revoir les priorités des dépenses de l'État, mais ce sujet n'est pas prêt d'être consensuel, il ne l'a jamais été. Plusieurs solutions sont possibles entre impôts, taxes ou contributions. La taxe est la solution la plus facile, preuve en est de la TVA qui représente 50% des recettes de l'État. L'inconvénient de la taxe est qu'elle n'est pas socialement juste, par exemple instaurer une taxe écologique sur la consommation énergétique aboutirait à pénaliser les plus modestes, qui par exemple, par rapport à la surface de leur logement consomment plus que les riches. D'autre part taxer la consommation encourage implicitement la croissance de la consommation. En effet si la consommation baisse, les recettes baissent, si bien que nous avons ce paradoxe; pour pouvoir financer les économies d'énergie il faudrait consommer plus d'énergie. L'inconvénient de l'impôt est qu'il est mal vécu par l'ensemble de la population. La classe moyenne, principale contributrice, ressent l'impôt direct comme une baisse de son pouvoir d'achat et une injustice. Les riches (le dernier décile, voire centile) évoquent des arguments équivalents et surtout prétendent qu'il est indispensable de récompenser les meilleurs c'est à dire ceux qui contribuent le plus à la création de valeur. On retrouve dans ces hyper-privilégiés les diplômés « prestigieux », les sportifs, les traders ... Plutôt que de débuter par une taxe qui «oblige» à faire des économies d'énergie il est prioritaire de commencer par ce qui permet de faire des économies. Pour le logement cela consiste à rénover et isoler les logements sur des bases ambitieuses et non influencées par les lobbies du bâtiment. Expliquer aux individus qu'ils doivent moins consommer, c'est à dire pour ceux qui habitent des logements mal isolés de vivre dans des appartements ou la température en hiver pourrait être de l'ordre de 15°, est d'une part injuste d'autre part n'a aucune perspective d'être efficace. Une taxe sur la consommation énergétique n'est donc pas la solution la plus efficace et la plus juste pour engager cette restructuration.

Une contribution progressive sur tous les revenus et spécifique à l'énergie est une autre solution, déjà développée pour le social avec la CSG. Ces recettes dégagées seraient affectées uniquement aux économies d'énergie; par exemple sur la base de 4 millions de logements par an, à la production décentralisée des énergies renouvelables....Tous les revenus devaient être assujettis à cette contribution. Or actuellement ce n'est pas le choix du gouvernement, celui-ci propose des crédits d'impôts à ceux qui ont les moyens d'investir, c'est à dire les plus aisés. Bien sûr les plus démunis ont les mêmes droits par rapport aux crédits d'impôts mais il leurs manque le financement de départ. Une participation proportionnelle au montant des travaux à réaliser pourrait donc s'envisager pour les plus modestes. Concernant les logements sociaux c'est à la puissance publique de prendre en charge ces restaurations. Enfin pour les logements privés en location, ce n'est pas aux locataires de prendre en charge ces restructurations. Il ne faut pas perdre de vue que l'investissement dans le foncier a pour objectif l'accroissement de revenus présents et/ou futurs. Les arguments du type « c'est pour ma retraite » « c'est pour mes enfants »….. sont des alibis destinés à masquer l'enrichissement patrimonial.

Réduire/Pénaliser la consommation énergétique doit être mis en place. Les accords de Kyoto datent bientôt de 20 ans et rien de réellement significatif a été mis en œuvre. Si dans un premier temps encourager la restructuration est nécessaire, dans une deuxième étape il est indispensable de contraindre. Dans ce cas là, la taxe sur la consommation énergétique pourrait être adaptée. Cette taxe devrait être universelle (comme la TVA) et appliquée à tous les produits et services en fonction de leur empreinte écologique et énergétique. Dans le cas de l'alimentation, la quantité de transport utilisé serait taxée sur la base des émissions de CO2. Par exemple l'importation hivernale de raisins en provenance d'Afrique du Sud, y compris issu de l'agriculture biologique, devra être fortement contrainte. Néanmoins se pose toujours la problématique de la justice, c'est à dire que même pour des produits rendus très chers, les riches pourraient consommer imbécile sans être trop gêner. Il est donc préférable de s'orienter vers une norme énergétique qui impose des contraintes par type de consommation, nous vivons dans un monde de normes et celle là a un sens. L'Europe, spécialiste en matière de normes, pourrait le faire si la droite au pouvoir, championne toute catégorie du laisser-faire qui profite aux plus riches, le décide. A moins de s'orienter vers une limitation des revenus dans une échelle sociale réduite ...mais qui est prêt à le mettre en œuvre, pas la droite je suppose, et qui est disposé à l'accepter ...les diplômés ?

En réalité nous tournons en rond, aucune mesure de bon sens ne semble possible à mettre en place, englués que nous sommes dans notre représentation sociale.

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Les injustices

La façon d'aborder les injustices a beaucoup surpris, elles s'abordent d'habitude par rapport aux inégalités sociales. Les commentaires sont nombreux, parfois perplexes; les injustices écologiques surprennent.

Dans les billets précédents les écarts mis en avant ne montrent pas particulièrement les hyper-riches (les 1% des revenus les plus élevés par exemple), hormis les 120 PDG les mieux payés de France.

L'écart de revenus entre les différents quintiles interpellent donc. L'habitude de juger les inégalités en stigmatisant les « hyper-riches » présentait l'avantage de disculper les plus aisés qui ne s'imaginent pas comme des privilégiés. Il est plus aisé de s'exonérer par la critique que par l'exemple. Or la démonstration en quintile met en évidence des écarts importants pour ce qui concerne les revenus et l'empreinte écologique, dans une fourchette de 1 à 5.

tristesse.jpg

La conclusion logique serait de dire que l'échelle des revenus doit être réduite en supprimant 2 échelons, celui du haut et celui du bas. Cela permettrait d'améliorer la justice sociale et la justice écologique. Reste à démontrer que cette conclusion logique soit applicable et puisse être acceptée; réduire le niveau de vie d'une classe de population me semble une utopie, quant à partager au niveau planétaire c'est une chimère. D'autres solutions sont aussi logiques, la plus connue est celle proposée par Malthus. En limitant et réduisant la population la réduction de l'empreinte écologique est peut-être possible, à condition que la limitation ou réduction soit supérieure à la croissance. Pour ma part je considère que cette voie est une impasse, elle aboutirait très certainement à accroître les inégalités et les injustices pour permettre à certains de toujours profiter des richesses.

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L'énergie fossile

L'énergie fossile, notamment le pétrole, est fondatrice de notre société. C'est bien parce que les hommes ont accédé à cette énergie facile à utiliser et peu chère que notre civilisation s'est emballée. L'énergie comme en physique est fonction du travail, elle permet d'amplifier le travail du capitalisme productif et ainsi pousser la productivité...toujours plus loin.

Sans l'énergie du pétrole, le productivisme qui s'exprime par le machinisme et par la division multiforme du travail, n'aurait pas été possible. En réalité le machinisme se substitue au travail humain à condition d'être abreuvé par le pétrole. L'énergie et donc le pétrole ont remplacé de plus en plus, jusqu'à la robotisation complète des processus de production, le travail humain.

terre-petrole.jpg

1 litre de pétrole (11kwh) est équivalent en énergie à 30h de travail humain.

Sur la base 10€ l'heure de travail, nous devrions donc payer 300€ le litre de pétrole (dans le cas du PDG d'EDF ce serait 30000€ le litre) En moyenne nous bénéficions par jour de l 'équivalent du travail de 65 esclaves par jour (dans le cas de Proglio c'est de l'ordre de 13000 esclaves, bigre ! Un pharaon ! C'est à dire que plus on est riche plus on dispose d'équivalents-esclaves)

L'énergie, essentiellement le pétrole, est à l'origine de plus de 50% de l'empreinte écologique. Une réduction de la consommation énergétique d'un facteur 3 permettrait déjà d'approcher de très prés la biocapacité de la France. Ce pourrait-être un premier objectif qui est d'ailleurs cohérent avec la réduction d'un facteur 4 des émissions de CO2 à l'horizon 2050.

Le pétrole a amplifié l'intensité du travail dans l'économie, autrement dit quand un travailleur utilise une machine qui consomme 1 litre de pétrole par heure cela revient à 30h de travail humain, c'est à dire 30 travailleurs. Cette logique n'est pas réellement prise en compte dans les théories économiques, notamment pour ce qui concerne le concept « valeur ajoutée »

La production est modélisée symboliquement par 3 variables; le travail bien sûr, le capital et des facteurs divers marginaux.

Cette approche agglomère dans le capital tous les éléments qui ne sont pas du travail; matières premières, bâtiments, machines, logiciels, capital circulant …

Le caractère aléatoire des matières premières n'est pas identifié à sa juste mesure, c'est une approche comptable annuelle qui ne peut pas traduire une tendance systémique.

D'autre part, concernant l'énergie, l'effet d'amplification du travail par l'énergie n'est pas pris en compte. La formation de capital est également considérée comme indépendante de l'énergie. L'énergie est ainsi considérée comme une matière première à l'image des autres, c'est à dire une charge initiale.

Et puis dernier paradoxe, le pétrole a permis d'amplifier le travail sans pour cela bénéficier aux plus démunis.

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Comment vont évoluer les intentions de vote ?

La dynamique du vote écologiste faiblit: les sondages montrent que les intentions de vote Europe écologie baissent de 2 points à chaque vague d'enquêtes. De 22% en octobre 2009 les intentions sont désormais de 13%, à ce rythme nous pourrions assister à une déconvenue électorale c'est à dire un vote inférieur à 10%.

Comment interpréter cette tendance et ces fluctuations ?

Malgré la violente crise qui agite la société occidentale, les citoyens consommateurs n'ont pas remis en cause le modèle capitaliste. Bien au contraire, ce sont majoritairement les partis de droite qui sont confirmés aux affaires. Malgré la forte poussée du vote écologique la gauche est dans une phase de repli en Europe, l'anti-Sarkosisme actuel en France ne doit pas nous égarer.

Le projet de la gauche d'obédience sociale-démocrate mobilise-t-il encore ? Le socialisme sous toutes ses variantes social-démocrates ou collectives incarnent l'égalité et la justice. In fine il propose un partage plus juste des richesses et implique l'idée de sacrifice; par exemple renoncer à ses revenus en payant des impôts et ainsi renoncer pour une part au consumérisme de notre société d'abondance. Pour les écologistes ce renoncement s'exprime par la sobriété et l'austérité; moins produire et moins consommer pour protéger notre environnement. Les projets de la gauche s'inscrivent toujours dans l'effort permanent synonyme d'austérité, de contraintes et de limites. A l'opposé la droite s'est adaptée à la nature empirique de l'homme. Si, traditionnellement elle défendait des valeurs morales, religieuses et traditionalistes, elle a désormais adopté l'individualisme et le capitalisme consumériste comme modèle.

Les écologistes quant à eux, dans la tradition de la gauche, expriment l'austérité sous la forme radicale de la sobriété. Conjugué à une perception apocalyptique, l'homo-consommateur ordinaire conçoit les écologistes comme de sombres rabat-joies. Bien sûr une forte minorité de la population exprime des doutes sur la durabilité du système, mais cette minorité fluctue entre ses propres contradictions: moins et mieux consommer pour assurer un avenir aux enfants et faire des sacrifices difficiles à accepter. L'évolution du vote écologiste en est l'expression, il erre en fonction de l'humeur de l'opinion publique. En cela Cohn-Bendit a su donner une autre image plus positive le temps d'une élection, il a su donner une perspective d'avenir plus optimiste.

Finalement quand l'abondance et le confort font partie du quotidien celui qui aborde la solidarité et l'écologie passe pour celui qui pose des limites et ainsi réduit la liberté. Dans le classement de ceux qui imposent des limites aux pulsions égoïstes, les écologistes arrivent donc nettement les premiers, ils sont les leaders incontestés de la contrition nécessaire et indispensable. Si bien qu'il ne faut pas s'étonner de l'évolution des intentions de vote écologiste....elles sont naturelles et en même temps profitables au PS qui apparaît ainsi moins contraignant et plus compatible avec la nature humaine. Au final les socialistes peuvent capter les électeurs désireux d'un autre avenir mais effrayés par les sombres contraintes des écologistes. Pour cela il doit accepter l'existence d'une force écologiste significative, cette force recueillera l'électorat qui prône le renoncement, un peu comme une valeur spirituelle. Quant aux électeurs progressistes enfermés dans leurs contradictions, entre leurs envies de consommateurs et leurs valeurs de citoyens, le vote social-écologique peut devenir la solution électorale qui réconcilie le citoyen avec l'avenir.

archimede.jpg

Pour le PS, le calcul qui consiste à ajouter les intentions de vote écologistes et socialistes est une approche risquée à moyen terme. L'application du principe d'Archimède est risquée en politique. En effet l'intégration des forces écologiques et socialistes (comme l'UMP à droite) serait perçue comme une perspective peu réjouissante pour les électeurs et ainsi les détourner du vote social-écologiste. Mais attention, cela ne veut pas dire que le PS doive abandonner le projet écologique aux seuls écologistes.

Bien au contraire l'idéal socialiste doit muter grâce à l'écologie en offrant une perspective positive et réaliste mais pas démagogique. Il doit bien sûr rester fidèle aux valeurs de solidarité, de partage ET dans un éco-système naturel limité.

L'écologie est en réalité une chance, c'est l'inflexion historique indispensable qui va permettre de ré-organiser positivement l'idéal socialiste.

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Un autre regard sur la croissance

Depuis ces dernières années le « nouveau modèle de développement » est débattu au sein de la gauche. Trois scénarios divisent la gauche:

  • La croissance sans changer fondamentalement le modèle productiviste. Depuis quelques temps se développe l'idée d'une croissance verte pour sauver le système. La différence avec la droite concerne le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital.
  • La décroissance, arguant que les limites de notre système Terre sont dépassées.
  • et une troisième voie qui s'exprime par développement durable, la croissance sélective ou une autre croissance.

Nous le savons tous, le plus souvent de façon intuitive, nous vivons au dessus des moyens de notre planète. Pour les scientifiques l'empreinte humaine est en moyenne de 1,3 planètes, c'est à dire que nous dépassons et épuisons la biocapacité de la terre.
La croissance mesure la progression du PIB, les études récentes démontrent que la « taille » de l'empreinte écologique est corrélée au PIB: plus le PIB par habitant est important plus l'empreinte par habitant est grande. Si nous appliquons un taux de croissance de 3% par an cela représente un doublement en 25 ans et une multiplication par 20 en 1 siècle...il est évident que ce modèle n'est pas soutenable, il s'apparente à une razzia des ressources jusqu'à épuisement total.

C'est par le productivisme que la croissance se perpétue. Or la destruction d'emplois est inhérente au productivisme. Pour créer des emplois il faut que la croissance de la consommation (ménages et investissement) soit supérieure aux gains de productivité, finalement une course poursuite vers l'abîme; croître pour maintenir ou créer des emplois, travailler pour pouvoir consommer et (réciproquement) consommer pour pouvoir maintenir ou créer des emplois. Croître, travailler et consommer sont donc intimement liés.

croissance-verte.jpg Concernant la croissance verte, je pense qu'elle a un sens ambigu: signifie-t-elle une refondation du modèle économique ou un ajustement pour continuer la course poursuite. Il est évident que la production écologique doit augmenter MAIS dans un cadre global qui suppose une diminution de l'empreinte écologique, du bilan carbone....des secteurs doivent donc décroître ...lesquels ? qui va se lancer et proposer les secteurs à faire décroître ? cela implique également que des secteurs comme le "vert" doivent hyper-croître pour maintenir une croissance positive et en faisant décroître l'empreinte écologique, cela me semble une gageure ou une fuite en avant.
conso-regression.gif La décroissance quant à elle est conceptuellement logique notamment pour réduire l'empreinte écologique. Mais ce concept n'est pas viable pour deux raisons. La première est métaphorique, le mot est connoté négativement; pour l'opinion publique la décroissance s'apparente à la régression. La deuxième raison concerne les plus démunis, les plus pauvres en commençant par les pays sous-développés. Il est évident que cela ne les concerne pas, bien au contraire.
Politiquement il est donc illusoire de mobiliser l'électorat, hormis minoritaire, sur ce « projet ». Il impliquerait que les plus aisés, y compris les classes moyennes des pays occidentaux soient en mesure d'accepter un nouveau partage ...c'est à dire une baisse du pouvoir d'achat ! qui est prêt à proposer cette solution ?

La croissance sélective permettrait une acception philosophique, néanmoins elle renvoie à la croissance verte et finalement pourrait s'avérer aussi ambiguë et inefficace. Et puis pourquoi ne pas évoquer la décroissance sélective ? ...

Aucune voie ne serait idéale Pour autant, faut-il baisser les bras ? Nous connaissons les blocages, ils sont essentiellement d'ordre sociologique et psychologique. Je suis persuadé que nous devons agir. Pour cela nous avons 3 enjeux structurant:

  • Réduire l'empreinte écologique et là nous savons que la problématique de l'énergie est centrale.
  • Réduire l'injustice c'est à dire les injustices sociales et écologiques.
  • Redonner ou donner du sens au travail en transcendant la valeur économique.

Pour conclure, il serait préférable de flatter notre imaginaire politique par des mots positifs qui expriment la progression et non la réduction ou la régression !!

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le partage du gâteau

Les inégalités se transforment en injustices mais les individus dont les mentalités sont programmées par l'ordre social, considèrent qu'elles sont justifiées. Ainsi les hauts revenus (salaires des dirigeants, revenus des sportifs ….), atteignant des niveaux dépassant l'entendement des citoyens que nous sommes, ne semblent pas être un problème pour l'opinion publique. Tout au plus on entend des critiques des partis politiques mais il n'y aurait pas une forte adhésion à ces critiques, comme si ces écarts de revenus faisaient parti d'un ordre « naturel »

Si nous étudions les revenus des 120 PDG des plus grosses entreprises Françaises:

  • le revenu moyen de ces dirigeants « méritants et talentueux » est de 1 351 527 € par an
  • ramené à l'empreinte écologique, ces 120 PDG mobilisent 49 233 hectares,
  • nous pouvons comparer cette surface à la superficie de Paris (10 540 Hectares) ou de Lyon (47 870 hectares). Une métaphore intéressante: une ville 5 fois plus vaste que Paris habitée par 120 personnes !! ou encore, ramené à la surface de la France, cela donnerait 1 325 850 habitants soit un peuplement inférieur à celui du néolithique.
  • pour enfoncer le clou de l'injustice, si nous effectuons un calcul en équivalent de nombre de planètes, nous arrivons à 205 planètes nécessaires ….par PDG (en moyenne)

Il est urgent de sortir de cette idée que si les classes modestes et moyennes disposent d'un niveau de vie satisfaisant (autrement dit un pouvoir d'achat satisfaisant) alors il n'est pas choquant qu'il y ait des riches, des super-riches et des hyper-riches. Cela fait certainement rêver, c'est plutôt de l'ordre du fantasme, mais cette situation n'est pas durable et probablement une (ou la) cause de la crise systémique permanente. Comme les ressources de notre planète sont limitées, il faut bien être conscient et persuadé que la richesse des uns se fait au détriment des plus modestes.

echelle_sociale.jpg

Et croire qu'il suffirait d'augmenter la taille du gâteau pour que chacun puisse avoir une part est une manipulation des plus modestes afin de maintenir l'ordre social dominés/dominants. Un avenir durable passe immanquablement par une réduction massive des injustices, des inégalités, de la réduction de l'échelle hiérarchique sociale ET par la mise en place de limites applicables à tous ….mais en commençant par les riches.

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Tout est lié, les injustices et l'empreinte écologique

Nous avons vu que les injustices étaient flagrantes, maintenant nous allons analyser jusqu'où vont ces injustices. L'écart moyen des revenus entre les différentes couches de la population, on l'a vu précédemment, est de 1 à 5 entre le 1er quintile et le dernier quintile. Bien sûr des arguments prétendument logiques sont invoqués pour justifier ces injustices; le mérite, l'effort, le diplôme, la responsabilité, le travail …. Mais là n'est pas mon sujet pour ce billet, ici je vais calculer le nombre de planètes consommées par catégorie de population et je finirai par le nouveau PDG d'EDF qui a le mérite de gagner 2 millions d'€ par an.

La biocapacité de la France par habitant est de 2,88 hectares. Cette surface comprend toutes les surfaces terrestres et maritimes qui permettent à chaque Français de répondre à ses besoins; se nourrir, se loger, se chauffer, recycler ses déchets … Ce chiffre démontre l'importance des océans car ramené au territoire métropolitain la surface disponible par habitant est inférieure à 1 hectare. La biocapacité mondiale est de 1.9 hectares. Ce qui démontre que nous avons la chance d'habiter une pays naturellement riche par son écosystème...d'origine.

L'empreinte écologique de la France, c'est à dire la surface nécessaire à la consommation réelle des Français, est en en moyenne de 5.26 hectares en 1999 par habitant et de l'ordre de 5.5 en 2009. On voit tout de suite qu'il y a un déficit.

Si on compare l'empreinte moyenne des Français à la biocapacité:

  • De la France; 5.5/2.88= 1.91. C'est à dire que pour couvrir nos consommations 2 Frances seraient nécessaires, en gros revenir à l'ère Napoléonienne sans les habitants.
  • De la planète; 5.5/1.9= 2.89. C'est à dire que pour couvrir nos consommations 3 planètes seraient nécessaires. Pour un américain c'est 5.

Si nous examinions chaque catégorie de la population Française.

En moyenne 1 Français consomme 2.89 planètes pour un PIB moyen de l'ordre de 28 700 €

ce qui donne par quintile;

  • 1er quintile, PIB de 11 613 € par habitant, consomme en moyenne 1.17 planètes ou 0.77 France
  • 2ème quintile, PIB de 18 906 € par habitant, consomme en moyenne 1.9 planètes ou 1.26 Frances
  • 3ème quintile, PIB de 24 241 € par habitant, consomme en moyenne 2.44 planètes ou 1.61 Frances
  • 4ème quintile, PIB de 30 819 € par habitant, consomme en moyenne 3.1 planètes ou 2.05 Frances
  • 5ème quintile, PIB de 57 641 € par habitant, consomme en moyenne 5.8 planètes ou 3.84 Frances
  • Henri Proglio (PDG d'EDF), revenu de 2 millions d€ par an, consomme en moyenne plus de 300 planètes ou 200 Frances.

riches-pauvres.jpg

Comme on pouvait s'y attendre, plus on est riche plus l'impact sur la planète est important. Comme citoyen du monde chaque Français est concerné, ramené au territoire de la France l'impact débute à partir de la tranche de revenus 15000€ par habitant. Ce qui corrobore l'analyse précédente sur le niveau du bonheur subjectif en fonction du PIB par habitant...troublant ! Non ?

porc.jpgQuand à notre super-élite, y compris les Traders boursiers qui vont toucher entre 250 000 et 300 000 € de bonus, ils nous coûtent chers et en plus ils vont laisser une planète exsangue à nos enfants ….mais il paraît qu'ils le méritent.

plus précis

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Faut-il partager, pourquoi ?

15000 dollars par habitant est un chiffre symbolique, au delà de ce chiffre nous détruirions la planète et nous n'accèderions pas au bien être. C'est très paradoxal, car détruire la planète est un message apocalyptique qui nous interpelle et contribue à la morosité ambiante. Mais alors que faire ...poursuivre cette course infernale ou, tous, nous serons perdants ?

Examinons ce qui se passe en France, pays exemplaire non pas par son exemplarité mais parce qu'elle ne fait pas ce qu'elle dit; rien ne change et c'est un des pays les plus riches de la planète.

Le PIB par habitant est de l'ordre de 28 700 Euros par habitant, soit environ 36 800 dollars. Aux USA il est de 43 700 dollars. En raison des niveaux de prix et des fluctuations monétaires il est préférable de raisonner en parité de pouvoir d'achat, ce qui traduit mieux les comportements de dépenses des ménages. En PPA le PIB/hab de la France en 2005 s'établit à 29 000 $ et pour les USA à 43 700 $ (utilisé comme référence), nous pouvons également citer celui de la Chine qui était de 6 200 $ (en 2005, il devrait être de l'ordre de 9 000 $ en 2010) Pour la France on constate que le PIB et le PPA ne sont guère différents, cela démontre que la faiblesse du dollar ne profite pas au consommateur Français.

Traditionnellement les économistes analysent les revenus des ménages pour étudier la richesse et les écarts entre les ménages. Ici nous allons examiner les revenus et les dépenses des ménages, à priori on dépense et/ou on épargne ce que l'on gagne.
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Faisons l'hypothèse que ceux, dont le revenu est supérieur à 18 000 €, ont des modes de vie qui nécessitent une empreinte écologique non durable. Nous découvrons, en examinant les données économiques de la France, que les ¾ des ménages ne sont pas concernés. En réalité seul ¼ de la population, soit environ 16 millions de personnes, serait impliqué par des modes de vie à forte empreinte écologique. Symétriquement nous pouvons voir que les revenus de 37.5 millions de personnes sont en deçà du seuil de 15 000 €, les autres, environ 10.5 millions, sont entre les 2 seuils.

la suite

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webm en 2010

L'argent ne fait pas le bonheur

C'est un vieux proverbe qui semble être de plus en plus justifié.

Nous savons tous que notre planète souffre et que nos modes de vie en sont la cause. Nous vivons au dessus des moyens de notre planète, l'empreinte humaine est en moyenne de 1,3 planète. En détaillant les empreintes par pays nous pouvons voir de grandes différences et comme on pouvait s'y attendre les pays riches ont une les plus grosses empreintes; un américain a « besoin » de 5 planètes, un Français de 3.

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La richesse matérielle, mesurée par le PIB, a beaucoup augmenté en occident, 75 % en France de 1973 à 2005. L'empreinte écologique quant à elle a augmenté de 85% de 1961 à 2005. Les statistiques économiques démontrent ainsi que l'augmentation du PIB par habitant est corrélée à celle de l'empreinte.

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La planète souffre, nous le savons tous et on en parle depuis des années. Est-ce le prix à payer pour accéder au bien être et au bonheur ?

Poser ainsi cette question aboutit immanquablement à la réponse « Non il n'est pas question de détruire la planète...il faut « y'ka » à inventer un nouveau modèle de développement qui permette de continuer à croître sans détruire la planète » Il suffirait donc d'adopter un objectif ou une contrainte complémentaire pour ne rien changer fondamentalement.

Rentrons dans le vif du sujet, notamment la logique «du toujours plus est mieux» Elle ne résiste pas longtemps à l'analyse. Les études réalisées sur le bien être subjectif ainsi que d'autres indicateurs comme l'espérance de vie le démontrent clairement, la richesse ne donne pas le bonheur ni l'espoir d'une vie meilleure:

  1. le bien être subjectif (BES) progresse en fonction du PIB jusqu'à un plafond compris entre 10 000 / 15 000 dollars par habitant (le bien être subjectif est mesuré auprès des habitants par une question «sur une échelle de 1 à 10, comment évaluez-vous votre bien-être?». Question à laquelle tout le monde peut répondre et qui permet de mesurer, de façon certes subjective mais bien réelle, le degré de satisfaction des habitants d’un pays. Aussi obtient-on l’indice de Bien Etre Subjectif (BES) pour chaque pays) En France le BES plafonne à 6,6 depuis les années 1970.PIB_BES-3.jpg
  2. comme le BES est une formulation subjective, critiquable à l'infini, l'analyse d'une donnée clairement objective comme l'espérance de vie est intéressante à regarder. Or elle plafonne également à partir de ces valeurs, on considère même qu'il n'y a plus aucune corrélation à partir de 18 000 dollars, c'est à dire que l'espérance de vie peut baisser à partir de cette valeur...intéressant ! N'est-ce pas ?

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Une première conclusion vient à l'esprit, plus on est riche plus on détruit la planète et de surcroît on n'est pas plus heureux et on vit moins longtemps. Cet apologue démontre bien le proverbe « l'argent ne fait pas le bonheur », il doit aussi nous interroger sur la vacuité de nos modes de vie. On pourrait aussi, par excès de cartésianisme, aboutir à proposer une réduction de « la voilure » économique, si tant est que détruire la planète est économique, mais il faut bien le dire ce concept est utopique. Proposer par exemple de diviser par 2 la « richesse » matériel (c'est à dire disposer de 2 fois moins de biens pour revenir au niveau des années 1970) aboutirait certainement à générer une insatisfaction qui dégraderait le BES bien en deçà de 6.6, la majorité estimerait que son bien-être est affecté; on n'est pas plus heureux mais on considère la richesse obtenue comme un acquis. La logique technocratique qui nous amène à comparer le BES du Honduras ou du Costa-Rica, équivalent à celui de la France mais avec un PIB en gros 3 fois inférieur, ne permet pas d'envisager un retour en arrière. Enfin n'oublions pas les plus démunis, ils ne sont même pas en mesure de se poser cette question existentielle du bonheur ou du bien-être; la question permanente pour eux est de survivre (par exemple pour les 2 milliards d'individus qui posent de moins de 2 dollars par jour)

Alors ! comment aborder ce sujet de la richesse et du partage ? The question, la question de la gauche depuis des décennies. La suite dans les prochains billets.

webm en 2010

Changement climatique, échec ?

Le sommet de Copenhague est un échec pour la plupart des commentateurs. La critique est générale, des politiques aux ONG. Les politiques de même bord ou de bords opposés se renvoient les causes de l'échec; certains accusent les USA, d'autres la Chine, d'autres encore estiment que l'Europe aurait pu donner l'exemple. Les ONG quant à elles stigmatisent l'irresponsabilité et le manque de courage des politiques. Bref, c'est la faute à tout le monde ou à personne.

Copenhague_echec.jpg

Il est incontestable que ce cycle de négociation mondiale est une échec; il aurait été préférable que les pays s'engagent résolument sur des objectifs contraignants de réduction des émissions des Gaz à effet de serre car les effets du changement climatique seront graves et irréversibles. Mais pouvait-il en être autrement ?

Comment a-t-on pu croire que les pays, tous les pays, allaient accepter de s'engager sur une réduction de l'empreinte écologique humaine synonyme d'une mutation majeure des modes de vie.

Comment a-t-on pu croire que les pays riches allaient accepter de s'engager sur un nouveau modèle socio-économique alors que leurs opinions publiques ne sont prêtes à accepter une décroissance de leur niveau de vie matériel, alors que le chômage et la précarité représentent au moins 1/3 de la population (le chômage atteint désormais 10% dans la plupart des pays occidentaux, jusqu'à 20% dans le cas de l'Espagne) Quant aux pays en voie de développement, la Chine et l'Inde par exemple, il est bien sûr évident qu'ils ne peuvent pas admettre des contraintes que les pays riches ne peuvent faire accepter à leur population.

Les démocraties sont dans l'impasse, elles parviennent à gérer tant bien que mal les crises économiques de court terme qu'elles ont provoquées par absence de vision de long terme, mais elles sont dans l'incapacité à ré-orienter les modes de vie pour répondre aux problèmes de long terme. En effet les décisions sont difficiles à faire accepter aux opinions publiques et in fine aux électeurs.

Or la Chine, comme tous les états autoritaires, n'a pas ce genre de difficultés. L'État Chinois décide et fait appliquer, il se s'embarrasse pas avec les sondages d'opinion. Cela pourrait donner l'impression de résultats à court terme...et suggérer à certains responsables des démocraties qu'il existerait une solution autocratique.

Nous avons donc deux options, soit les pays occidentaux sont en mesure de régler la problématique sociologique et sociale par une nouvelle vision du partage et de la structure sociale, et dans ce cas la démocratie en sortira renforcée, soit ils en sont incapables, englués dans leur égoïsme consumériste, et là il ne restera plus que l'alternative autoritaire et technocratique. En conclusion la démocratie est en danger.

webm en 2009

EDF la menace

EDF nous refait le coup, celui du « black-out ». La France serait dans l'obligation d'importer des mégawatts d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne.

Depuis 40 ans on nous ressasse le même discours « assurer l'indépendance énergétique de la France ». Le résultat c'est 58 réacteurs sur le territoire, dont 1/3, en raison de leur vieillissement ou d'incidents répétés, qui ne fonctionnement pas comme prévu.

EDF habitué des communications manipulatrices va nous expliquer qu'il est urgent et indispensable de construire de nouveaux réacteurs.

La menace du black-out s'adresse aux 40% de foyers se chauffant avec des radiateurs électriques. Or il y a 30 ans ce mode de chauffage ne concernait que 2% des logements. On peut dire que cette indépendance énergétique des foyers est un vrai piège; 40% des foyers sont asservis durablement au nucléaire et se ruinent pour le plus grand bonheur d'EDF. Pire, 75% des logements neufs seraient chauffés à l'électricité. Alors qu'il serait indispensable de rénover et isoler tous les logements et ensuite de développer résolument les énergies renouvelables.

Cette situation est l'aboutissement de 40 ans de mensonges étatiques; d'un côté des foyers qui se ruinent en énergie nucléaire de l'autre des pollutions (comme en afrique) et des déchets que l'on ne sait pas gérer (malgré des promesses ...encore!!)

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Mais il n'y a pas que des perdants; récemment Henri Proglio en s'installant à la tête d'EDF a obtenu le privilège exorbitant de rester à la tête de Veolia. Ce qui lui permet de contrôler les 64 milliards d'€ d'EDF et les 36 milliards d'€ de Veolia, ainsi que les 500 000 salariés des 2 groupes. Cette opération n'est pas anodine évidemment; elle prépare la constitution du plus grand holding électronucléaire du monde, ce qui permettra à terme de dé-réguler tous les tarifs. Pauvre consommateur ! Si son intention était de devenir éco-responsable, il devra d'abord s'extraire du monopole électronucléaire.

webm en 2009

Les préoccupations des Français

Comme on pouvait s'y attendre la crise financière s'est traduite en 2009 par un niveau d'inquiétude élevé et généralisé.
En 2009 le chômage est redevenu la principale préoccupation des Français, 79% de préoccupation en Avril et 73% en Novembre. Alors qu'en début 2008 la principale préoccupation concernait le pouvoir d'achat.
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Ensuite dans l'ordre on retrouve:

  • la santé pour 49 à 56% des français en 2009
  • le pouvoir d'achat pour 44 à 57% des français en 2009
  • le financement des retraites pour 41 à 45% des français en 2009
  • et on retrouve l'environnement et les inégalités sociales entre 35 et 40%

On ne peut que comprendre cette perception. Néanmoins cela démontre bien que les causes du malaise social ne sont pas comprises. En effet c'est bien quand l'écologie et la structure sociale seront considérées comme déterminantes que les préoccupations récurrentes trouveront un début de solution.

webm en 2009

la précarité pour 1/3 de la population active

Les inégalités sociales continuent et s'amplifient. La crise n'arrange rien, il est vrai, mais il serait malhonnête de prétendre que celle-ci est la cause. Notre système social est en crise, elle est profonde, elle n'est pas récente et ne doit pas être confondue avec la crise économique et financière. precarite.jpg Revenu de solidarité active
Fin septembre 2009, 1,63 million de foyers percevaient le Revenu de solidarité active (RSA) dont 1,26 millions d’entre eux qui sont bénéficiaires du "RSA socle" (qui a remplacé le RMI et l’ API depuis juin 2009). Leur nombre est en hausse de 4,4% depuis le 2ème trimestre 2009 du fait de l’augmentation du chômage qui conduit les personnes en fin de droits à entrer dans le dispositif RSA (ex-RMI).

Chômage
Entre juin 2008 et juin 2009, le nombre de chômeurs a progressé de 18,7% en moyenne, soit 571 900 chômeurs de plus, selon les nouveaux regroupements statistiques. La hausse est de 42% chez les jeunes hommes, victimes notamment de l’interruption de nombreux contrats d’intérim.
Le nombre de chômeurs passe de 3 à 3,6 millions, uniquement entre juin 2008 et juin 2009, soit une progression de 571 900 (+ 18,7%). La hausse est deux fois plus forte chez les hommes (+ 27%) que chez les femmes (+ 11%). Ce sont les jeunes hommes de moins de 25 ans qui sont tout particulièrement touchés avec une hausse de 42%, soit plus du double de la moyenne de l’ensemble. Chez les jeunes femmes, l’augmentation est moins forte (+ 18%) mais représente le double de celle de leurs aînées (25 ans et plus).

Le temps partiel subi en France
5,2% de l’ensemble des actifs sont à temps partiel et souhaiteraient travailler davantage, soit 1,3 millions de personnes. Il s’agit à 80% de femmes. La proportion s’accroît logiquement pour les populations qui occupent les postes les plus précaires, notamment dans les secteurs du nettoyage ou de la distribution.
Au total, 8,6% des femmes salariées sont en situation de temps partiel subi, contre 2,4% des hommes. Le taux atteint 7,7% pour les personnes non-diplômées, 7,8% pour les habitants des zones sensibles, 10,5% pour les employés et même 16,2% pour les femmes étrangères.
Au total, un tiers des femmes travaillent en temps partiel. Pour une partie d’entre elles, notamment dans la fonction publique, ce temps partiel est choisi, même s’il ne concerne pas prioritairement les femmes en âge d’avoir ou d’élever des enfants. Pour d’autres, de plus en plus nombreuses, cette forme d’emploi est acceptée faute de mieux: les offres d’emploi à temps partiel se sont multipliées, et sont beaucoup plus souvent destinées aux femmes qu’aux hommes.

emplois précaires 13% de salariés occupent un emploi précaire, soit 1,8 millions de personnes. Il s’agit pour une très grande part de contrats à durée déterminée, qui représentent 8% de l’ensemble des emplois. Les deux-tiers travaillent dans le secteur privé. L’intérim et les contrats aidés forment chacun 2% de l’ensemble des emplois salariés.
Détail de l'emploi précaire:
Intérimaires 547 200
Contrats à durée déterminée 829 800
dont privé 261 600
du public 569 300
Stagiaires et contrats aidés 450 200
du privé 290 100
du public 160 100

pour en savoir plus

webm en 2009

Le plein SVP

Je vous suggère, à chaque fois que vous faites le plein de votre véhicule, d'apprécier ces instants. Il est probable que vous n'imaginiez pas à quel point cela ne va pas durer. N'écoutez pas les promesses des apprentis sorciers de l'économie et les charlatans en tout genre qui vous promettent que la science saura tout régler et que nous roulerons tous en voitures électriques...Le baril atteint à nouveau le cours de 80$ le baril après des fluctuations erratiques entre 60 et 140$.
Fin-petrole.jpg Très prochainement nous consommerons plus de barils de pétrole par jour que nous pouvons en produire, d'après des scientifiques nous y sommes déjà, d'autres voient cette échéance avant 2025/2030. Le coût du pétrole va donc augmenter inexorablement jusqu'à un prix qui sera explosif. Quant aux énergies de substitution, qui n'émettent pas de GES, elles ne seront pas disponibles avant plusieurs décennies pour permettre et faire croire que les niveaux de vie ne seront pas impactés. Quand le prix du baril va exploser nous ne serons pas prêts car les transformations à engager sont si radicales qu'elles ne seraient pas acceptées...et les élus le savent bien.
Dans les coulisses du pouvoir politique et des entreprises, les responsables prévoient que le niveau de vie des classes moyennes devrait être divisé par 2 dans les pays riches...quant aux pays pauvres personne n'imagine une perspective; 1 milliard de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour, 2 milliards avec moins de 2 dollars...

webm en 2009

La biodiversité recule dans l'indifférence

Le réchauffement climatique fait la une de tous les médias. Pourtant l'extinction des espèces est une crise grave, irréversible, mais ne mobilise pas l'opinion. ours-panne.jpg Selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN , 17 291 espèces sur les 47677 espèces répertoriées sont menacées d’extinction.
Les résultats révèlent que 21 pour cent de tous les mammifères connus, 30 pour cent de tous les amphibiens connus, 12 pour cent de tous les oiseaux, 28 pour cent des reptiles, 37 pour cent des poissons d’eau douce, 70 pour cent des plantes, 35 pour cent des invertébrés répertoriés à ce jour sont menacés. Sur les 5490 mammifères de la liste rouge répertoriés dans le monde:

  • 79 ont déjà disparus
  • 188 sont en danger critique d'extinction
  • 449 en danger
  • 505 vulnérables

Concernant les oiseaux, 12% des espèces répertoriées sont menacées. Par ailleurs la situation est encore pus grave pour les reptiles, amphibiens et invertébrés.
Pour les plantes, la liste rouge qui suit le sort de 12151 espèces, il apparaît que 8500 sont en cours d'extinction. Par ailleurs ce bilan ne concerne que 47663 espèces sur les millions d'espèces.

Et La France ?
D’après les données publiées aujourd’hui par la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, la France se situe au huitième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales menacées au niveau mondial.
Avec 778 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, la France a une responsabilité majeure dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité qui frappe la planète. Elle se situe parmi les 10 pays les plus concernés par ce phénomène avec l’Equateur, les USA, la Malaisie, l’Indonésie, le Mexique, la Chine, l’Australie, le Brésil et l’Inde. Les principales menaces pesant sur les espèces sont la dégradation des milieux naturels, la surexploitation, l’introduction d’espèces envahissantes, les pollutions, le changement climatique et l'artificialisation massive de l'espace (urbanisation, réseaux ...)

L'année 2010 sera l'année internationale de la biodiversité mais ne sera pas à l'ordre du jour du sommet de Copenhague. D'ailleurs quand on voit les blocages mondiaux pour arriver à un accord global sur le climat, on se doute bien que les négociations pour le sauvetage de la biodiversité ne sont pas prêtes d'aboutir.

Pour en savoir plus

webm en 2009

Je suis écologiste parce que je suis socialiste.

Récemment un écologiste me demandait pourquoi j'étais socialiste. Je lui ai répondu que j'étais socialiste parce que j'étais écologiste. Ma réponse l'a laissé interloqué et pantois. Ce billet est donc à l'attention des écologistes...et des socialistes.

Le socialisme a toujours eu pour objectif d’émanciper l’homme, de le rendre autonome. La critique du capitalisme est donc inhérente au socialisme. Mais c’est aussi par la critique du capitalisme que l’on arrive immanquablement à l’écologie politique. Si nous partons de l’impératif écologique on peut aussi bien arriver à un anticapitalisme radical qu’à un pétainisme vert, à un écofascisme ou à un communautarisme naturaliste (André Gorz)

Un mouvement politique ne peut pas se nourrir uniquement d’écologie au risque ….de ne pas être écologiste. En effet il ne faut pas se tromper de sens ; on arrive à l’écologie par le social. Ici j’évoque une vision globale et solidaire et non pas un corporatisme visant à garantir des privilèges, au prétexte de protéger les plus démunis. Encore faut-il ne pas se tromper sur la notion « les plus démunis » ; en général ils ne sont pas entendus car c’est une masse silencieuse qui ne peut pas s’exprimer.

Mais c’est également parce que je suis écologiste que je suis socialiste. Car pour ceux qui l’ont compris l’écologie est indissociable du partage et de la solidarité. pole-existe.jpg

En conclusion l’un ne va pas sans l’autre, c’est à dire qu’un écologiste qui ne serait pas socialiste ne peut pas être écologiste et réciproquement un socialiste qui ne serait pas écologiste ne peut pas être socialiste. La question principale qui est posée est celle du modèle de développement. Pour la droite, l’écologie et le nouveau modèle de développement se résument à la notion de croissance verte. A gauche, certains utilisent la notion de décroissance soutenable et d’autres proposent la « croissance sélective » Le débat n’est pas tranché au sein de la gauche mais chacun devrait s’interroger sur ce « nouveau » clivage qui de plus en plus va départager les partis politiques progressistes et les partis conservateurs ; le monde politique va se reconfigurer, c’est déjà commencé, et nous aurons bien des surprises.

webm en 2009

Rien ne change, même chez les écolos

Mes espérances se sont transformées progressivement en interrogations puis en doutes. …avec 16% aux élections européennes, l’écologiste que je suis a cru que les lignes politiques bougeaient et qu’une nouvelle dynamique était à l’œuvre. Et puis je dois bien l’avouer le spectacle de ces derniers jours m’amène à dire que Non, les mêmes logiques produisent les mêmes effets. La nouvelle façon de faire la politique est déjà une histoire ancienne, car pour l’heure, ce sont les luttes fratricides écologistes qui dominent dans la préparation des élections régionales. La construction d’un mouvement politique alternatif sur la base de groupes organisés interdépendants a été renvoyée aux calendes grecques ; l’appât des places éligibles a été trop fort. Nous avons affaire à une lutte fratricide pour avoir les meilleures places sans considération autre que celle de proclamer que chaque courant, tendance, sous-tendance doit être récompensé de la victoire de juin…l’idéal disparaît dans les turpitudes de partage du gâteau.

Comme beaucoup, j’ai espéré que cette dynamique se renforce à l’occasion des Régionales de mars 2010 avec notamment l’arrivée au sein d’Europe Ecologie de groupes plus structurés comme Nouvelle Gauche, Cap21 ou le Pôle Ecologique. L’intérêt d’un tel rassemblement était de construire le pilier social-écologique de la gauche et de l'obliger à des débats de fonds dans une perspective d’offrir une alternative crédible à Nicolas Sarkozy en 2012.

Or de fait, on est loin, très loin du compte puisqu’il semble qu’une partie d’Europe Ecologie, et principalement chez les Verts alliés aux « alters », les réticences sont fortes et affirmées pour enrayer ce processus de rassemblement. Il est troublant de constater que la notoriété réelle ou supposée a très largement primé pour les personnalités cooptées. Car au final, si effectivement des personnalités différentes seront présentes sur les listes Europe Ecologie, cela ne reste que des personnalités. Les cas de Paris et de Rhône-Alpes sont à cet égard assez significatifs. Sans mettre en cause Robert Lion (Paris, ancien président de Greenpeace) ou Philippe Meirieu, ils ont un « avantage », ils ne représentent qu’eux-mêmes et en aucun cas ils sont en mesures d’amener des militants qu’on a grand peine à canaliser… Ce qui est encore plus vrai aujourd’hui qu’hier et donc de courir le risque de se voir opposer un quelconque rapport de force. Il y a également quelques exemples disséminés ça et là avec des gens de Cap21 ou du PS dont on prend un soin particulier à dire qu’ils viennent sur leur nom et non pour afficher un rassemblement.
desaccord_-verts.jpg Nous sommes donc dans une version très élaborée du marketing politique, vision très largement critiquée de la politique. Il faut d’ailleurs reconnaître que ce marketing politique est un beau coup médiatique mais il ne peut pas être durable en raison des écarts rédhibitoires entre les composantes. Dans ces conditions, la dynamique d’Europe Ecologie s’effiloche tranquillement mais sûrement d’autant plus qu’on est loin du casting de juin… il est vrai que les médias n’accordent que peu d’importance à la représentation des écologistes, considérant que le prochain Président sera issu de l’UMP ou du PS et ainsi laissent les pulsions de dominance s’exercer loin des regards médiatiques.

In fine, une attitude identique à celle des autres partis. Concernant EE, je dois dire que mon ressenti est plutôt négatif et de plus en plus éloigné de l'espoir de voir une nouvelle façon de faire la politique. J'ai observé avec tristesse cette phase de sélections des candidats au sein de la mouvance Vert/EE. Des manipulations, de l'intox, des duperies, ...une absence complète de transparence, aucun critère donné, des communications truquées...l'obscurité des négociations secrètes, c'est très désagréable et cela ne change rien par rapport à ce que l'on critique dans les autres partis...bref un fonctionnement typique des partis politiques. Je découvre également en recoupant les infos, des stratagèmes calculés pour le 2ème tour, par exemple des démissions programmées pour laisser la place.

Je préfère alors les disputes de famille aux oukases décidés dans la pénombre des conclaves. J’avais oublié que les écolos n’étaient pas des bisounours.

webm en 2009

amorcer la mutation

Vouloir transformer la société est un vaste sujet. L'idéal utopique des lendemains qui chantent imprègnent notre imaginaire. Nous rêvons tous d'un monde meilleur... idéal. Pourtant nous savons tous que l'évolution de la société ne peut pas être une commutation ni une révolution. La transition entre l'ancien et le nouveau est un état permanent qui devrait être impulsé par les politiques. Ici, pour ce qui concerne l'écologie politique, il s'agit de construire la nouvelle matrice de mutation de la civilisation.

crise-eco.jpg

Un programme politique est souvent un exercice qui aboutit à présenter des projets technocratiques dont le sens global n'est plus perceptible. C'est pourquoi je propose une "méthode" pour évaluer à priori le projet politique. Celle-ci consiste à définir 10 marqueurs que nous devrions retrouver sur toutes nos thématiques, je propose les suivants:

1- Donner un nouveau sens au travail, promouvoir l’autonomie et l’émancipation
2- Le débat politique bipolaire est dépassé, entre le marché et l’état. La nouvelle spécificité doit être de promouvoir la sphère d’autonomie, tant contre la domination de l’état que celle du marché.
3- Sortir de la logique infernale production/consommation (productivisme)
4- Développer l’économie du gratuit et démonétarisée
5- Réduire notre empreinte écologique
6- Préserver la biodiversité
7- Réduire nos émissions de GES
8- Promouvoir de nouveaux modes de gouvernance pour les générations actuelles et futures et en répondant à l’exigence démocratique
9- Renforcer la cohésion sociale, la solidarité et lutter contre les exclusions
10- Développer la culture et la connaissance tout au long de la vie

pour aller plus loin cr-dd1.doc

webm en 2009

Record battu, le match ne sera pas rejoué

Le record des émissions mondiales de CO2 a été battu en 2008, 10 milliards de tonnes de carbone ont été envoyées dans l’atmosphère. L’augmentation est de 41% par rapport à l’année 1990, année de référence du protocole de Kyoto. En 2008 le charbon représente 40% des émissions contre 37% en 1990, le pétrole 36% contre 41% en 1990. L’augmentation de la part du charbon est imputable aux pays en développement, notamment la Chine et l’Inde. Mais attention à ces chiffres, les pays occidentaux ont largement délocalisé leurs activités polluantes et donc leurs émissions de CO2. Par exemple, au Royaume uni, les émissions fondées sur les biens consommés produits dans les pays du Sud ont augmenté de 12% entre 1992 et 2004.
Autre mauvaise nouvelle les puits naturels de carbone (océan, végétation…) perdent en efficacité ; il y a 50 ans ils fixaient 45% des émissions aujourd’hui 40%. C’est l’océan qui donne des signes de faiblesse et désormais les scientifiques redoutent une inversion de ce puit de carbone. Cette menace est sérieuse car il faut savoir que l’océan contient près de 60 fois plus de carbone que l’atmosphère.
Face à cette menace majeure qui augmente inexorablement la conférence de Copenhague devrait aboutir à un accord international, or cela se présente mal. Selon une étude du World Resources institute les mesures annoncées par les pays développés permet d’envisager une réduction de 10% à 24% des émissions en 2020, alors que les scientifiques préconisent de 25% à 40% pour tenir le seuil fatidique de 2°.

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