La crise écologique est multiple, globale. Elle ne se résume pas au réchauffement climatique.
En premier lieu, l’empreinte écologique de l’humanité dépasse les capacités de régénération de la terre.
L’empreinte écologique est une mesure de la pression qu’exerce l’homme sur la nature. C’est un outil qui évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d’absorption de déchets. A l’échelle du globe, l’empreinte écologique de l’humanité est une estimation de la superficie terrestre ou marine biologiquement productive nécessaire pour répondre à l’ensemble de nos besoins. L’empreinte écologique globale de l’humanité a presque doublé au cours des 35 dernières années, et dépasse de 20 % les capacités biologiques de la Terre. De profondes disparités écologiques entre les pays : l’empreinte par personne des pays à hauts revenus est en moyenne six fois plus élevée que celle des pays à faibles revenus. En clair, nous vivons en “sur-régime” par rapport aux ressources de la planète, et nous mettons gravement en péril les générations futures : en 2050, si nous ne faisons rien, l’empreinte écologique de l’humanité pourrait dépasser de 100 % la capacité biologique de la planète ! Nous sommes comme un ménage qui puise dans son capital pour faire face à ses dépenses courantes.
L’empreinte écologique de la France :
L’empreinte écologique de la France a augmenté de 47 % en moins de 40 ans alors que sa population n’a augmenté que de 27 %. La demande totale de la France sur la nature a dépassé de beaucoup la capacité biologique du pays; l’empreinte française en 1999 dépassait de 83 % la biocapacité par personne du pays: il nous faudrait donc quasiment “une France” supplémentaire pour répondre à nos besoins. “si le monde entier vivait comme un français, il nous faudrait deux planètes supplémentaires », c’est à dire 3 (5 pour les USA)

La moitié des sols cultivables est dégradée, 4 formes majeures de dégradations d’origine humaine sont identifiées:
- la première est l’érosion hydrique, processus par lequel l’eau détache et emporte les particules de sol. Ce processus touche par exemple les climats méditerranéens.
- La deuxième concerne l’érosion éolienne, c’est sous l’effet du vent que le sol se délite. Touche surtout les zones péri désertiques, comme les grandes plaines des USA, les plateaux du nord de la Chine et toute l’Afrique subsaharienne.
- Troisième type de dégradation, l’altération chimique du sol. Elle peut revêtir plusieurs formes ; les pollutions chimiques, les techniques agricoles intensives et non respectueuses des sols, l’irrigation ….
- Le quatrième type est de nature physique, il s’agit du tassement des sols par les engins mécanisés.
A tous ces facteurs s’ajoute la déforestation, l’étalement urbain et les réseaux routiers. En France la superficie définitivement stérilisée est de 4,4 millions d’ha, la surface goudronnée est de 1,7 millions d’ha (équivalente à 2 départements)
Concernant le réchauffement climatique, les sols dégradés ne stockent plus les GES, ils deviennent des sources émettrices de GES (gaz à effet de serre)

L’épuisement des ressources s’amplifie avec la croissance.
Toutes les matières premières sont concernées. Concernant le pétrole, la plus symbolique des matière première de notre société, le pic de production interviendra d’ici 2010 (source ASPO) Il a même été dépassé en 2005, pour le pétrole conventionnel (voir graphique) D’autre part, les réserves ont été surévaluées de manière frauduleuse dans les 1980 au sein de l ‘OPEP.

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Le déclin de la biodiversité ou la 6éme extinction (la 5ème étant celle des dinosaures) menace l’humanité. Les menaces traditionnelles d’origine anthropique que représente la destruction des habitats et la surexploitation sont renforcées par les invasions biologiques, les pollutions, les bouleversements climatiques et la surpopulation humaine. Le schéma ci-dessous est malheureusement très clair.
Dans une nature morte ou dévastée, quelles pourraient bien être la place de l’homme.

indice planète vivante

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Le réchauffement climatique
Malgré le discours de quelques négationnistes sceptiques, le changement climatique est en cours et il est d’origine anthropique. La planète se réchauffe (+ 1.18°C en 2007), le réchauffement concerne dans un premier temps les zones de hautes latitudes faiblement peuplées. Le GIEC table désormais sur une hausse comprise entre 2 et 6 degrés Celsius par rapport aux niveaux pré-industriels, l’estimation privilégiée étant de 3 degrés en se fondant sur une hypothèse de stabilisation des niveaux de dioxyde de carbone à un seuil de 45% supérieur aux niveaux actuels. Leur travail «fait et bien fait», les experts du GIEC estiment que la balle est désormais dans le camp des politiques.
Or les concentrations en GES continuent d’augmenter, le CO2 est passé de 280 ppm à l’ère pré-industrielle à plus de 380 ppm en 2006, le NO2 de 270 ppb à 320 ppb, le méthane de 700 à 1774 (2005)
Hormis l’Allemagne, l’Angleterre et la Russie (pour des raisons économiques) tous les pays industriels ont augmenté leurs émissions de GES. Concernant la France, les émissions de GES sont en très légère diminution (donc non significative). Le suivi des émissions nationales par grand secteur d’activité révèle des évolutions hétérogènes avec deux secteurs qui présentent une hausse importante de leurs émissions : les transports et le résidentiel & tertiaire (respectivement +22 et + 16%) contrairement aux autres secteurs qui voient leur niveau d’émissions diminuer, en particulier l’industrie (-19%) Ce dernier chiffre est à corréler aux délocalisations industrielles.
rechauffement-climatique.jpg «Tous les pays doivent maintenant adopter des mesures pour réduire les émissions de gaz contaminants», dit le dernier rapport du GIEC, qui fixe la limite à 445 parties par millions jusqu’à 2015, date à laquelle les émissions doivent diminuer si l’on veut limiter les catastrophes annoncées. En effet, les scientifiques estiment que le seuil de danger se situe aux alentours de 2°C. Or à ce jour les concentrations en GES (gaz à effet de serre) continuent d’augmenter, 35% d’augmentation en 2006 au lieu des 5% de baisse prévue (par rapport à 1990)
Selon les chercheurs, les carburants polluants sont responsables de 17 % de cette augmentation, tandis que les 18 % restant sont dus à un déclin de la capacité des "puits" naturels comme les forêts ou les océans à absorber le gaz carbonique."Il y a cinquante ans, pour chaque tonne de CO2 émise, 600 kg étaient absorbés par les puits naturels. En 2006, seulement 550 kg par tonne ont été absorbés, et cette quantité continue à baisser", explique l'auteur principal de l'étude, Pep Canadell, du Global Carbon Project. "La baisse de l'efficacité des puits mondiaux laisse penser que la stabilisation de cette concentration sera encore plus difficile à obtenir que ce que l'on pensait jusqu'à présent", indique pour sa part le British Antarctic Survey.