Les lignes bougent. Les élections du 7 juin 2009 démontrent qu’une nouvelle donne politique se formalise et ainsi peut être salutaire pour la gauche. Concernant le PS ne nous éternisons pas sur des analyses auto-destructrices qui consistent à accuser les autres (lutte pour le pouvoir) et qui affirment qu'il est indispensable de changer, rénover le parti ... avec les mêmes qui sont aux manettes depuis 15, 20 ans…
Nous verrons bien si le PS est en capacité d'analyser objectivement les causes de son échec, déjà je vois des excuses de mauvais perdants pour éviter les remises en cause indispensables (par exemples le film "home", les personnalités, l'abstention ...) Concernant l’abstention, ce sont les jeunes et les classes populaires qui se sont majoritairement abstenues, jusqu’à 70%. Or les classes populaires ne votent plus majoritairement pour le PS depuis plus de 20 ans, quant aux jeunes ils votent à une majorité écrasante pour Europe écologie. On pourrait donc affirmer « heureusement l’abstention »

Ces élections Européennes sont aussi pour la société une grande bouffée d’air frais qui démontre la vitalité de la gauche. Nous constatons une forte sensibilisation de la population aux problèmes écologiques. Par exemple chacun sait, sauf Claude Allègre, que le réchauffement climatique nous menace et que nous devons faire face à l’urgence écologique. Ensuite il y a une prise de conscience citoyenne, nos modes de vie ne sont pas durables, vous le savez tous, comment concevoir un avenir durable quand on consomme 3 planètes. Cette prise de conscience est un mouvement de fond de toute la société occidentale. La forte poussée du vote écologiste, dans tous les pays d’Europe aux élections Européennes le démontre, y compris en France traditionnellement en retard sur ce sujet.
Ces élections démontrent bien l'ampleur du retard du PS par rapport à la société.

Le socialisme s’est construit sur une valeur essentielle, celle de la liberté. Liberté, non pas dans le sens libéral du terme mais dans le sens d’une liberté qui doit permettre à chaque homme de s’extraire des déterminations dans lesquelles il est encastré.
Nous devons retrouver le sens de cette valeur par l’écologie qui doit devenir la matrice fondatrice du nouveau projet politique de toute la gauche, tant pour le social que pour l’économie.
Tout d’abord la critique PS de la rationalité économique est insuffisante et repliée sur l’histoire, il y a ceux qui croient toujours sans l’avouer aux vertus du socialisme étatique et ceux qui considèrent qu’il est indispensable de s’adapter au capitalisme, loi universelle et définitive de l’économie. Hors cette dichotomie explique la sclérose du PS dans l’évolution de son fond idéologique. Une troisième voie, celle de la sphère de l’autonomie est à développer pour proposer un modèle tripolaire en distinguant ce qui relève de l’économie de marché, ce qui relève des services et du rôle de l’Etat et ce qui devrait être notre objectif principal : le développement de l’autonomie (au sens large) Le développement de la sphère d’autonomie permet l’épanouissement des individus en leur permettant de se soustraire aux aliénations et déterminismes. Il suppose également une nouvelle logique distributive des revenus plus juste et donc un mode consommation plus en adéquation avec les ressources limitées de la planète.

"Le PS saura-t-il effectuer sa mue ?"
Il est acquis que tous les dirigeants médiatisés sont « grillés », y compris ceux ou celles qui ont fait appel à des experts en communication. Il est donc indispensable de renouveler ceux qui vont porter la parole du PS. Mais qui ? Ceux qui attendent et guettent les places ? Et puis quelle parole ? Quel fond idéologique et quel projet ? …
Enfin concernant la désignation des candidats aux élections, n’est-il pas indispensable d’organiser un système ouvert et démocratique, par exemple des primaires internes qui intègrent le renouvellement et le non-cumul des mandats ...et en s'inspirant d'Europe écologie.