La dynamique du vote écologiste faiblit: les sondages montrent que les intentions de vote Europe écologie baissent de 2 points à chaque vague d'enquêtes. De 22% en octobre 2009 les intentions sont désormais de 13%, à ce rythme nous pourrions assister à une déconvenue électorale c'est à dire un vote inférieur à 10%.

Comment interpréter cette tendance et ces fluctuations ?

Malgré la violente crise qui agite la société occidentale, les citoyens consommateurs n'ont pas remis en cause le modèle capitaliste. Bien au contraire, ce sont majoritairement les partis de droite qui sont confirmés aux affaires. Malgré la forte poussée du vote écologique la gauche est dans une phase de repli en Europe, l'anti-Sarkosisme actuel en France ne doit pas nous égarer.

Le projet de la gauche d'obédience sociale-démocrate mobilise-t-il encore ? Le socialisme sous toutes ses variantes social-démocrates ou collectives incarnent l'égalité et la justice. In fine il propose un partage plus juste des richesses et implique l'idée de sacrifice; par exemple renoncer à ses revenus en payant des impôts et ainsi renoncer pour une part au consumérisme de notre société d'abondance. Pour les écologistes ce renoncement s'exprime par la sobriété et l'austérité; moins produire et moins consommer pour protéger notre environnement. Les projets de la gauche s'inscrivent toujours dans l'effort permanent synonyme d'austérité, de contraintes et de limites. A l'opposé la droite s'est adaptée à la nature empirique de l'homme. Si, traditionnellement elle défendait des valeurs morales, religieuses et traditionalistes, elle a désormais adopté l'individualisme et le capitalisme consumériste comme modèle.

Les écologistes quant à eux, dans la tradition de la gauche, expriment l'austérité sous la forme radicale de la sobriété. Conjugué à une perception apocalyptique, l'homo-consommateur ordinaire conçoit les écologistes comme de sombres rabat-joies. Bien sûr une forte minorité de la population exprime des doutes sur la durabilité du système, mais cette minorité fluctue entre ses propres contradictions: moins et mieux consommer pour assurer un avenir aux enfants et faire des sacrifices difficiles à accepter. L'évolution du vote écologiste en est l'expression, il erre en fonction de l'humeur de l'opinion publique. En cela Cohn-Bendit a su donner une autre image plus positive le temps d'une élection, il a su donner une perspective d'avenir plus optimiste.

Finalement quand l'abondance et le confort font partie du quotidien celui qui aborde la solidarité et l'écologie passe pour celui qui pose des limites et ainsi réduit la liberté. Dans le classement de ceux qui imposent des limites aux pulsions égoïstes, les écologistes arrivent donc nettement les premiers, ils sont les leaders incontestés de la contrition nécessaire et indispensable. Si bien qu'il ne faut pas s'étonner de l'évolution des intentions de vote écologiste....elles sont naturelles et en même temps profitables au PS qui apparaît ainsi moins contraignant et plus compatible avec la nature humaine. Au final les socialistes peuvent capter les électeurs désireux d'un autre avenir mais effrayés par les sombres contraintes des écologistes. Pour cela il doit accepter l'existence d'une force écologiste significative, cette force recueillera l'électorat qui prône le renoncement, un peu comme une valeur spirituelle. Quant aux électeurs progressistes enfermés dans leurs contradictions, entre leurs envies de consommateurs et leurs valeurs de citoyens, le vote social-écologique peut devenir la solution électorale qui réconcilie le citoyen avec l'avenir.

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Pour le PS, le calcul qui consiste à ajouter les intentions de vote écologistes et socialistes est une approche risquée à moyen terme. L'application du principe d'Archimède est risquée en politique. En effet l'intégration des forces écologiques et socialistes (comme l'UMP à droite) serait perçue comme une perspective peu réjouissante pour les électeurs et ainsi les détourner du vote social-écologiste. Mais attention, cela ne veut pas dire que le PS doive abandonner le projet écologique aux seuls écologistes.

Bien au contraire l'idéal socialiste doit muter grâce à l'écologie en offrant une perspective positive et réaliste mais pas démagogique. Il doit bien sûr rester fidèle aux valeurs de solidarité, de partage ET dans un éco-système naturel limité.

L'écologie est en réalité une chance, c'est l'inflexion historique indispensable qui va permettre de ré-organiser positivement l'idéal socialiste.