L'énergie fossile, notamment le pétrole, est fondatrice de notre société. C'est bien parce que les hommes ont accédé à cette énergie facile à utiliser et peu chère que notre civilisation s'est emballée. L'énergie comme en physique est fonction du travail, elle permet d'amplifier le travail du capitalisme productif et ainsi pousser la productivité...toujours plus loin.

Sans l'énergie du pétrole, le productivisme qui s'exprime par le machinisme et par la division multiforme du travail, n'aurait pas été possible. En réalité le machinisme se substitue au travail humain à condition d'être abreuvé par le pétrole. L'énergie et donc le pétrole ont remplacé de plus en plus, jusqu'à la robotisation complète des processus de production, le travail humain.

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1 litre de pétrole (11kwh) est équivalent en énergie à 30h de travail humain.

Sur la base 10€ l'heure de travail, nous devrions donc payer 300€ le litre de pétrole (dans le cas du PDG d'EDF ce serait 30000€ le litre) En moyenne nous bénéficions par jour de l 'équivalent du travail de 65 esclaves par jour (dans le cas de Proglio c'est de l'ordre de 13000 esclaves, bigre ! Un pharaon ! C'est à dire que plus on est riche plus on dispose d'équivalents-esclaves)

L'énergie, essentiellement le pétrole, est à l'origine de plus de 50% de l'empreinte écologique. Une réduction de la consommation énergétique d'un facteur 3 permettrait déjà d'approcher de très prés la biocapacité de la France. Ce pourrait-être un premier objectif qui est d'ailleurs cohérent avec la réduction d'un facteur 4 des émissions de CO2 à l'horizon 2050.

Le pétrole a amplifié l'intensité du travail dans l'économie, autrement dit quand un travailleur utilise une machine qui consomme 1 litre de pétrole par heure cela revient à 30h de travail humain, c'est à dire 30 travailleurs. Cette logique n'est pas réellement prise en compte dans les théories économiques, notamment pour ce qui concerne le concept « valeur ajoutée »

La production est modélisée symboliquement par 3 variables; le travail bien sûr, le capital et des facteurs divers marginaux.

Cette approche agglomère dans le capital tous les éléments qui ne sont pas du travail; matières premières, bâtiments, machines, logiciels, capital circulant …

Le caractère aléatoire des matières premières n'est pas identifié à sa juste mesure, c'est une approche comptable annuelle qui ne peut pas traduire une tendance systémique.

D'autre part, concernant l'énergie, l'effet d'amplification du travail par l'énergie n'est pas pris en compte. La formation de capital est également considérée comme indépendante de l'énergie. L'énergie est ainsi considérée comme une matière première à l'image des autres, c'est à dire une charge initiale.

Et puis dernier paradoxe, le pétrole a permis d'amplifier le travail sans pour cela bénéficier aux plus démunis.