Depuis plusieurs semaines on voit ci et là que le déficit de l'État atteint des records inégalés. Ce déficit serait de 1500 milliards, chiffre considérable et qui dépasse notre entendement. Nous entendons dire tout et n'importe quoi sur ce sujet, la droite principale contributrice de ce déficit stigmatisant la gauche (et l'impôt) et la gauche se réfugiant à juste titre derrière le fait de ne pas être au pouvoir depuis bientôt 10 ans.

Comment se répartissent les recettes de l’État:

  • la TVA: 49% ;

  • l’IRPP (impôt sur le revenu) : 21% soit en gros les charges financières de la dette

  • l’IS (impôt sur les sociétés) : 8%

  • les autres impôts : 22%.

  • pour un total de recettes de 252,2 milliards d'€

les dépenses:

Le total des dépenses sera de 352,6 milliards d'€ en 2010. On voit immédiatement que le déficit prévu est de plus de 100 milliards. Depuis le traité de Maastricht le déficit budgétaire des États devrait être inférieur à 3% du PIB et la dette inférieur à 60% du PIB. D'autre part avec la création de l'Euro et de la BCE les États n'ont plus la possibilité d'utiliser la planche à billets des Banques Centrales, c'est à dire que la dette publique ne peut être renflouée par des émissions monétaires (c'est à dire de l'inflation monétaire)

Sur ce budget de dépenses les 2/3 sont incontournables; les salaires, les pensions, la charge de la dette, les dotations aux collectivités et à l'Union Européenne. Ici aussi on s'aperçoit que la problématique de la dette est structurelle malgré la crise. Le déficit annuel correspond aux dépenses de fonctionnement, d'interventions et d'investissement de l'État. Ces dépenses sont indispensables à la nation, elles permettent au pays de fonctionner et préparent l'avenir.

La droite propose de réduire les dépenses en réduisant les effectifs de fonctionnaires. Si tant est que cette mesure soit justifiable, il apparaît clairement que le résultat sera dérisoire. C'est avant tout l'application de principes dogmatiques mais sans réelle efficacité. Par ailleurs elle affirme qu'en réduisant les recettes, c'est à dire l'imposition des plus riches (bouclier fiscal), les recettes seront plus importantes notamment par la consommation et donc la TVA. Ce tour de « passe passe » impressionne «gagner plus en gagnant moins ! », ça vaut bien le « travailler plus pour gagner plus » ce qui peut se résumer à « travailler plus pour gagner moins »

«Quand la droite ne veut pas changer les choses, elle change les mots.»

La gauche quand à elle privilégie l'impôt sur le revenu et proposerai une augmentation de la fiscalité directe. Néanmoins il est farfelu d'imaginer que cette imposition soit augmentée du montant du déficit, cela reviendrait à multiplier par 3 l'impôt sur le revenu. L'IS (impôts sur les sociétés) pourrait être augmenté, mais se pose la question du dumping Européen, les pays à faible imposition attirant les entreprises à forte intensité capitalistique. Il ne reste alors que la relance de la consommation pour augmenter les recettes de TVA...et la boucle est bouclée, avec deux approches différentes on arrive au même résultat.

En conclusion nous savons que la problématique de la consommation est centrale pour faire évoluer la société vers plus de justice sociale et écologique. Or nous constatons que l'État est englué dans une système de financement qui le mène à sa perte et dont il est illusoire de prétendre qu'il puisse être réformé, au sens vrai du terme et non pas médiatique. La gauche doit donc revoir significativement son projet (ou corpus idéologique) pour proposer un nouveau modèle qui soit une réelle alternative au modèle consumériste.