Les Français consacrent en moyenne 25% de leurs revenus au logement. Ce pourcentage est relativement homogène suivant les échelles de revenus. Ainsi les 10% des Français les plus riches consacrent 25% au logement, on retrouve également ce pourcentage pour les Français les plus modestes. Bien évidemment la différence concerne le type de logement; ceux des plus aisés correspondent à des niveaux de standing inaccessible pour les plus démunis et les classes modestes.
Depuis une vingtaine d'année, de façon progressive, les classes moyennes sont à la peine. Gagnées par le rêve mythique du pavillon et de l'accession à la propriété, les classes moyennes, dans un premier temps celles dites « classe moyenne inférieure », se retrouvent fragilisées par l'accession à la propriété. Ainsi cette classe moyenne consacre 32% des ses revenus au logement et jusqu'à 48% pour les accédants la propriété. Situation d'autant plus préoccupante que le prix du logement est avant tout spéculatif et ne représente pas sa véritable valeur.
En 1958 un logement coûtait à l'achat en moyenne 70 loyers et, 40 ans plus tard, en 1998, il fallait dépenser en moyenne 133 loyers pour devenir propriétaire. En 2008, au plus haut de la bulle immobilière, un logement coûtait en moyenne 262 loyers. Les prix étaient donc surestimés de 80%. En effet il n'y a aucune raison objective, hormis spéculative, qui peut justifier l'inflation de 70 loyers à plus de 200 actuellement.
La méthode la plus objective pour évaluer la cohérence du prix d'un logement est de comparer le prix du logement et le prix du loyer. Plus le rapport (prix du logement / prix du loyer) est élevé moins est rentable l'investissement. C'est à dire que si nous exprimons le prix du logement en nombre de loyers on réalise que plus le prix en nombre de loyers est élevé, plus il faudra de temps pour « amortir » cet achat si le logement est mis en location. Sur le graphique ci-dessous on matérialise que l'achat d'un logement à Paris est beaucoup moins rentable qu'à Dunkerque: à Paris le rapport (Prix logement / Prix loyer) est de 323, soit 323 mois pour amortir l'achat à Dunkerque le rapport est de 133, soit 133 mois pour amortir l'achat.
En fine il est plus judicieux d'investir à Dunkerque. Mais ce n'est pas ainsi que cela se passe. L'imaginaire sociale est déterminé par la représentation. Les individus n'hésitent donc pas à acheter des logements aux coûts prohibitifs; en réalité ils achètent également leur représentation sociale...à un prix très élevé.