Nous avons vu dans les billets précédents que l'énergie fossile, en particulier le pétrole, est un amplificateur « fabuleux » de productivité. Le prix payé est très lourd, excessif. D'une part notre goinfrerie en pétrole est si élevée que nous allons bientôt rentrer dans la raréfaction critique des ressources. D'autre part le prix écologique de notre avidité pétrolière aura une conséquence irréversible, malgré ce que dise les facho-négationnistes, le réchauffement anthropique de la terre est engagé.

Mais il n'y a pas que les dégradations écologiques.

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La productivité permise par cette ressource pas chère a des conséquences radicales.

Pour la plupart des économistes il y aura toujours des gains de productivité, ainsi pour un volume constant de travail la production progresse sans cesse.

Mais cette belle mécanique de la croissance et du productivisme est déréglée, si tant est qu'elle a réellement bien fonctionné. Pour pouvoir absorber les gains de productivité et l'augmentation du volume de travail (les nouveaux entrants sur le marché du travail), une croissance moyenne de l'ordre de 3% est indispensable. Nous avons vu précédemment que ce principe est imbécile, illogique, car sur cette base de 3% la croissance double en 25 ans et est multipliée par 20 en 1 siècle...il est évident que ce modèle n'est pas soutenable, il s'apparente plus à une razzia des ressources jusqu'à épuisement total.

Prudemment et sans remettre le modèle quasi religieux de la croissance les économistes prennent donc généralement pour hypothèse un taux de 1,8%. Implicitement cette hypothèse revient à accepter soit la diminution de l'emploi à temps de travail constant, soit la diminution du temps de travail pour maintenir l'emploi total.

Les économistes de droite, malhonnêtes ou adeptes de la langue de bois, sont bien sûr opposés à la diminution du temps de travail et prétextent que seule la croissance permettra de créer des emplois tout en affichant des objectifs de taux de croissance contradictoires à leurs principes.

Les économistes traditionnels de gauche préconisent eux de réduire le temps de travail en fonction des gains de productivité. Autrement dit sur une base de gain de productivité par exemple de 2%, ils proposent de réduire le temps de travail de 2% par an. Or, le temps de travail, sur un rythme de 2% par an serait de 25 heures en 2025, 15h en 2050 et ….5h en 2100...jusqu'à sa suppression. Dans les deux cas de figure, la croissance par la productivité aboutit à détruire l'emploi, soit par la raréfaction de l'emploi ou soit par la raréfaction du temps de travail.

In fine la croissance productiviste aboutit immanquablement à détruire les ressources , notre éco-système et aussi l'emploi.