Les prélèvements sociaux ont pour objectifs de financer la solidarité au sens large. En quelque sorte ces prélèvements obligatoires sont des revenus implicites (redistribués) qui permettent à chacun de bénéficier de services, de prestations sociales, d'une couverture santé ….Néanmoins dans l'imaginaire social ou socio-social le caractère solidaire et altruiste des prélèvements obligatoires n'est plus perçu. Le vécu est celui d'une contrainte de plus en plus difficile à supporter et chaque augmentation de prélèvement est assimilée à une réduction du pouvoir d'achat. Il faut dire que le discours libéral et individualiste est très bien orchestré dans ce sens.

Néanmoins l'électorat ne souhaite pas abandonner ce système social car a très bien compris, que aussi imparfait soit-il, ce système le préserve de la précarité, des aléas et accidents de la vie ….En réalité il s'agit plus de travailler sur l'efficacité réelle du système plutôt que de le détruire comme le propose la droite.

La gauche, et les organisations syndicales, souhaite bien évidemment préserver et développer ce système. Le débat actuel se focalise donc sur la réduction ou le maintien d'un système, pour partie étatisé, dont chacun sait qu'il est de moins en moins efficace. La droite évidemment a pour objectifs de le réduire, ce qui logiquement améliorera l'efficacité économique mais aboutira immanquablement à réduire la cohésion, la solidarité et déstructurera la société (le processus est déjà en cours). Quant à la gauche elle imagine des solutions dites plus équitables pour augmenter les recettes du système; elle propose donc que les revenus du capital soient intégrés dans le financement du système. Bien sûr cette proposition est, du point de vue philosophique, juste. Néanmoins il n'est pas prouvé qu'elle soit efficace à moyen terme; les dynamiques qui déterminent la société de demain, comme le vieillissement de la population, ne sont pas réellement prises en compte pour le moyen terme.

Quelques chiffres:

Pour 100 euros de salaire net il faut compter en moyenne 73 euros de cotisations sociales (employeurs + salariés) plus 10 euros de CSG, soit 45% de « charges » sociales pour la protection sociale. Ce montant non perçu par le salarié en tant que salaire est un revenu socialisé qui permet à chacun de bénéficier d'une couverture sociale, c'est donc bien un revenu réel.

Comment améliorer l'efficacité du système:

  • Les cotisations sont un prélèvement sur la valeur ajoutée indexés sur les salaires, plus les salaires sont importants plus les cotisations le sont, plus il y a des salariés dans une entreprise plus le montant total des cotisations est élevé. Afin de limiter les effets pervers de ce financement qui assimilent in fine les cotisations à une charge, il pourrait être envisagé une cotisation unique par entreprise au prorata de sa valeur ajoutée et quelque soit le nombre de salariés. Cette cotisation pourrait financer pour partie la protection sociale y compris les retraites.

  • Une deuxième idée connexe vient alors. Pourquoi ne pas procéder de la même façon avec les salaires, à savoir que les entreprises versent une cotisation unique au prorata de sa valeur ajoutée à une caisse chargée de rémunérer les salariés. Ce serait ensuite cette caisse qui rémunérerait les salariés suivant des critères à définir et dont on peut supposer que l'éventail des salaires serait réduit.

  • La 3ème part restante de la valeur ajoutée serait alors réservée à l'entreprise, notamment pour la consommation de capital fixe (investissements).