En 1960, 70% des emplois étaient salariés.

Actuellement ce % a augmenté jusqu'à 89%. Ce qui implique une augmentation de la part des salaires dans la VA d'où la nécessité de corriger cette répartition sur la base d'estimation pour analyser les tendances de partage de la VA.

Comment se définit la Valeur Ajoutée (VA):

La VA est égale à la différence entre ce que produit l'entreprise et les biens/services/matières qu'elle achète pour produire. Elle se décompose comme suit:

  • salaires

  • intérêts des emprunts

  • impôts sur les bénéfices

  • solde qui revient aux propriétaires du capital

A ce niveau là la VA est dite « brute »; elle intègre donc la consommation de capital fixe (capital pour la production; machines, équipements …)

on observe des tendances dans le temps:

  • jusqu'en 1973 la part des salaires dans la VA brute était stable, autour de 70%

  • de 1974 à 1986 la part des salaires est passé à 74% soit + 4 points.

  • depuis 1987 cette part baisse et se situe autour de 65%

  • cette dernière tendance tendrait à démontrer que le partage de la VA profite désormais d'avantage au capital

or la composition de la VA a évolué:

  • la VA brute inclut des impôts sur la production et salaires (TIPP, taxe sur les salaires …) qui ont augmenté de presque 3%. Il est donc nécessaire de déduire tous ces impôts pour aboutir à la Valeur ajoutée au coût des facteurs (VAB-CF)

  • l'évolution de la différence entre la part des salaires et le capital se réduit alors à 2% environ, par ailleurs la VA-CBF est calculée avant tout amortissement

Les amortissements:

  • la production nécessite de plus en plus d'équipements « sophistiqués » à la durée de vie de plus en plus courte, par exemple les équipements informatiques peuvent être amortis en 3 ans voir moins

  • la consommation de capital fixe a ainsi varié de 15.3% en 1959 à 11.7% en 1973 pour remonter à 14.6% en 1987 et se stabiliser entre 14.1% et 15.3% depuis.

  • Au final la consommation de capital fixe remplace du travail par du capital fixe pour environ 2.5%

Conclusion:

Taxer le capital est philosophiquement juste; il est juste de taxer la rente plutôt que le travail. Encore faut-il ne pas se tromper de capital; le capital productif est essentiel à la production (évident), alors que les revenus financiers sont surtout issus de spéculations.

Nous venons de voir que le partage de la VA entre salaire et capital productif est stable dans le temps. Bâtir un programme politique qui consisterait à rétablir un niveau de partage entre travail et capital, notamment pour financer l'ensemble des contributions sociales, peut donc s'avérer une fausse piste pour la gauche et une impasse. Il serait risqué à moyen terme de présenter cette solution « comme la solution » pour répondre à l'insatisfaction croissante des salariés. Insatisfaction qui s'explique pour partie par l'augmentation des prélèvements sociaux qui a amputé le pouvoir d'achat des salaires de 5 points ...ce qui a permis d'améliorer les revenus financés par les cotisations sociales (indemnités maladie, retraites ...)

Je pense qu'il est prioritaire pour la gauche de travailler à un modèle juste et pérenne de partage des revenus et de la richesse; entre TOUS les revenus et toutes les richesses, entre les revenus de la rente et les salaires, entre les actifs et les retraités …. et entre les salariés eux-même.