• Analysons les données nationales pour les entreprises non financières:

  • le revenu disponible brut (RDB) correspond à ce qui reste aux sociétés après déduction des charges d'exploitation MAIS à l'exception de l'amortissement du capital fixe (machines, bâtiments ...) Dans le RDB on retrouve les dividendes versés aux actionnaires et parasites en tout genre, les revenus des placements financiers, les subventions …

  • quand on soustrait l'amortissement du RDB on obtient le RDN (revenu disponible net), c'est en quelque sorte les fonds propres des entreprises qui peut être complété par les emprunts.

  • Or entre 1970 et 2007 le RDN a été négatif à 2 reprises:

    • entre 1974 et 1985. Durant cette période la part des salaires avaient augmenté dans le partage de la VA (c'est ce niveau de référence qui est utilisé par la gauche "marxienne") Quant aux économistes libéraux, ils évoquent cette période par "bulle salariale"
    • et ......beaucoup plus curieux le RDN est à nouveau négatif depuis 2004 (25 milliards d'€ en 2007) Mais cette fois-ci la part des salaires n'a pas remonté, elle est stable à 80.5% de la VAB-CF (valeur ajoutée brute déduction faite des taxes) , par contre les dividendes nets versés ont largement augmenté (77 milliards d'€ paraît même que c'est le record) Et comment réussir ce tour de passe passe ? tout simplement par le crédit; le coût du crédit a beaucoup baissé au point de rendre le coût du crédit plus attractif que le rendement du capital investi. En clair les dividendes versés ont été financés par l'emprunt. Cette période est appelée "bulle actionnariale", elle a permis avant son éclatement d'enrichir quelques goinfres peu scrupuleux, mais au bout du compte ce sont les salariés qui trinquent.
Les dividendes versés sont donc financés "à crédit". Certains s'étonnaient que les résultats des entreprises puissent être encore très importants et imaginaient des solutions pour mieux répartir le partage de la valeur ajoutée entre capital et emploi. La réalité est beaucoup plus prosaïque et démontre qu'il est urgent d'agir sur les revenus en tant qu'injustice sociale.