Concernant les territoires on distingue deux grands types de modèles économiques. Ici il faut faire preuve de réalisme car l'économie est trop souvent conçue comme une discipline abstraite très éloignée des logiques concrètes de territoires. Dés lors, il ne faut pas s'étonner d'organisations territoriales conçues comme des modèles économiques purement abstraits dont l'essence est trop souvent la notion de richesse fiscale. La « richesse » fiscale est liée, de par sa conception, à l'économie productive. Si bien que les élus en général privilégient cette manne providentielle pour la « redistribuer » aux habitants sous la forme de services. Cette logique descendante ne parvient pas à créer une dynamique de territoire qui fonctionne en boucle positive et récursive, en réalité la posture consiste à attendre la redistribution et à réclamer sa part.

Ainsi, les territoires les plus performants suivant les critères classiques de l'économie ne sont pas ceux qui se développent le mieux. Les territoires qui concentrent les moyens productifs au sens classique, c'est le cas du sillon Rhodanien, ne parviennent pas à améliorer (de façon corrélée) les conditions de vie de leur population. Au niveau local, croissance locale et développement local ne sont pas forcément liés. L'exemple de la Seine-Saint-Denis est significatif; un PIB conséquent, des milliers de salariés ...qui le soir et le week-end repartent chez eux dépenser leurs salaires. L'exemple de de la côte d'Azur est également significatif à l'opposé peut-on dire, peu de production de PIB générique pourtant des revenus dépensés  (touristes …) qui irriguent singulièrement l'économie locale. In fine on distingue deux types d'économie territoriale; les territoires productifs et les territoires résidentiels. Bien sûr il ne s'agit pas d'opposer les deux modèles, bien au contraire, car les territoires qui finalement réussissent le mieux sont ceux qui concilient les deux modèles.

S'agissant de notre territoire, l'Ardèche, nous pouvons concevoir une stratégie économique qui associe les deux modèles, plus particulièrement en incitant au développement de l'économie dite cognitive qui permet, par sa nature, de préserver le cadre de vie et être moteur du développement. La structuration territoriale sur la base des vallées affluentes au Rhône est donc pertinente, néanmoins il faut être attentif à la préservation de l'espace car ce type de développement peut s’avérer contre-productif par une urbanisation excessive et non maîtrisée.