Le résultat du premier tour des primaires est une réussite pour ce qui concerne la participation citoyenne.

La droite est verte de rage, pour une fois qu'elle verdit on ne va pas se plaindre.

Un élan populaire se dessine, comment va-t-il évoluer ?

L'ouverture de la désignation du candidat de la gauche aux citoyens de gauche démontre clairement qu'une dynamique de changement existe; le résultat d'Arnaud Montebourg est une bonne surprise. Néanmoins la réal-politik chère à Churchill s'est imposée aux électeurs qui veulent « virer » Sarkosy.

On peut comprendre cet excès de raison par contre on peut légitimement douter de la volonté de changement; le ras-le-bol ne peut pas constituer un programme.

Bien sûr il y a des différences très importantes entre une gestion de droite et de gauche car les notions d'équité et de justice au quotidien ne sont pas pensées de la même façon.

Par contre l'exercice du pouvoir, quand il n'y a pas de projet significatif de changement, oblige à composer. Si bien qu'une gestion de droite s'atténuera vers une gestion plus « centrée » comme une gestion de gauche évoluera vers une gestion plus « centrée » Au final, malgré toutes les bonnes intentions et bonnes volontés, le citoyen ne percevra pas fondamentalement les différences.

D'autre part, la conquête du pouvoir n'a de sens que s'il y a un projet significatif. La droite n'a pas ce genre de difficulté car son projet permanent est de maintenir la structure sociale le plus longtemps possible à la limite de la rupture.

Le réalisme peut donc fonctionner quand la société ne subit pas de crises majeures, c'est à dire que la richesse créée permet aux plus démunis de vivre décemment. Ce n'est pas notre cas, notre société subit les multiples crises qu'elle a provoquées...et la crise sociale ne sera pas la plus grave à gérer. Bien sûr l'oligarchie en place, les privilégiés, les banques ...ont des responsabilités écrasantes, mais se suffire de ces explications manichéennes est insuffisant. C'est même à la limite de la malhonnêteté intellectuelle.

Nous arrivons au bout d'un modèle, la mutation est en cours, elle n'est pas forcément perçue dans le bien être occidental. Les individus le devinent plus qu'ils ne le conçoivent. Les positions d'Arnaud Montebourg, provocatrices par rapport à la pensée unique, ont cette qualité de prendre en compte cet enjeu majeur et de proposer une nouvelle voie.

Le risque du 2éme tour est donc que deux candidats très proches idéologiquement se départagent sur des enjeux qui n'ont rien à voir avec un projet de changement. Par contre nous entendons des slogans pour dévaloriser l'autre et démonter son incapacité comme s'il s'agissait de différencier radicalement les personnes sur leur personnalité.

Comment va réagir l'électeur potentiel ? Notamment celui a compris que le changement est indispensable ...ce qui est d'ailleurs la forme supérieure du réalisme.

Et bien il sera dans une grande difficulté pour choisir, entre 2 projets très proches il ne reste que la morphopsychologie, le poker ou l'abstention.

En conclusion,il aurait été préférable d'organiser des primaires à un tour, nous aurions un candidat incontestable (celui arrivé en tête) et des propositions programmatiques qui préparent le changement.