Le 26 octobre 2011, à écouter les médias, ils (Sarko et Angela) ont sauvé l'€ et donc le monde...de la finance bien sûr !!

Mais ! avez-vous tout compris à la lecture des textes résumant les résultats du sommet de la zone euro à Bruxelles ??

Car le moins que l’on puisse dire, c’est une usine à gaz financier.

Pour ma part, voilà ce que j'ai compris: à partir de 440 milliards d'€ on allait faire 1000 voire 2000 milliards d'€; ça me rappelle la multiplication des pains par Jésus !

La première technique est celle du rehaussement de crédit. Il s’agit là d’une assurance contre le risque proposée aux investisseurs privés qui envisagent de souscrire aux émissions d’emprunts de pays de la zone euro dont la capacité de remboursement est mise en doute (Grèce par exemple). Le FESF apportera simplement sa garantie plutôt que d’acheter lui-même ces titres d’emprunt. L'intérêt majeur est de faire bénéficier de taux d’intérêt nettement plus faibles aux emprunteurs que ceux qu’ils auraient pu obtenir en se présentant seuls sur les marchés. Voilà ! avec peu de capitaux on peut les multiplier comme les pains de Jésus. Bon ! Bien sûr la somme des garanties est théoriquement égale aux crédits levés mais ici on (Sarko et Angela) postule du principe que ces garanties ne seront pas mobilisées ...espérons le très fort !!

Souvenons en 2008 il y a eu une crise dite des subprimes. Les rehausseurs de crédit ont compté parmi les acteurs financiers les plus critiqués dans la crise américaine de 2007-2008: les engagement pris par ces rehausseurs étaient si importants que les titres détenus par les banques ne pouvaient plus bénéficier d’une véritable garantie en cas de crise et la stabilité d’ensemble du système financier était menacée. C’est ce qui est arrivé quand tout le monde a commencé à avoir des doutes sur la qualité des titres représentatifs de certains crédits hypothécaires, les subprimes.

La deuxième technique utilisée est celle des SPV (special purpose vehicules) Ces SPV sont créés par association des institutions financières publiques et des investisseurs privés pour intervenir ensemble. C'est une titrisation qui consiste à transférer à des investisseurs des actifs financiers tels que des créances pourries (prêts ...), en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis sur le marché des capitaux.

Il faut se souvenir que cette technique a été une des caractéristiques du système qui a permis le développement des subprimes.

Ce choix est délirant car ce recours à des techniques financières complexes, risquées et incompréhensibles pourrait être évité si on mettait en œuvre une technique simple, claire et facilement compréhensible: l’achat des titres d’emprunts publics par la Banque centrale européenne. Bien sûr nous pouvons avoir des doutes sur le résultat car les gouffres sont colossaux (US, GB, Japon ...), mais, au moins, nous aurions compris. D'ailleurs c'est ce que dit l'économiste Marc Zandi de Moody's. «Les Européens ont gagné un peu de temps, Les investisseurs internationaux ne seront pas vraiment rassurés tant que les gouvernements européens n'auront pas prouvé qu'ils sont vraiment capables de réduire leurs déficits budgétaires et leur niveau d'endettement… Il y a de grandes chances pour que les électeurs européens résistent et cela veut dire qu'il sera difficile aux politiques d'agir sans une intense pression des marchés

Par ailleurs (la coïncidence est troublante) le nouveau président de la République héritera en mai 2012 d’une situation dramatique: presque 90% de dette publique, et un déficit toujours pas maîtrisé, vraisemblablement au-dessus de 5% du PIB. En prenant 100% comme seuil auquel les marchés cesseront de nous financer –à juste titre, car l’endettement y devient incontrôlable– il lui restera tout au plus entre dix-huit et vingt-quatre mois de survie budgétaire. Et ce du fait de la situation intrinsèque de la France, sans même parler des risques de crise systémique sur la dette publique en provenance du reste de la zone euro, de la Grèce à l’Italie.

Pour ne rien oublier FESF = Fond Européen de Stabilité Financière