Jaurès disait « Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel »

On peut traduire "comprendre le réel" comme la nécessité d'être raisonnable, c'est à dire comprendre que la société et les gens considèrent en général "l’idéal" comme une utopie.....qui pourrait être dangereuse. Si bien que lorsqu'on revendique le réalisme on pourrait légitimement douter de la volonté de changement.

Or il y a un "ras le bol" exprimé massivement par les gens, "ras le bol" que les politiques tentent de drainer à des fins électorales. Mais le ras-le-bol ne peut pas déterminer un programme, ni réaliste, ni idéal et surtout pas courageux.

L'exercice du pouvoir oblige à composer, d’autant plus quand il n'y a pas de projet significatif de changement sociétal. Si bien qu'une gestion de droite s'atténuera vers une gestion plus « centrée » comme une gestion de gauche évoluera vers une gestion plus « centrée » Au final, malgré toutes les bonnes intentions et bonnes volontés, le citoyen ne percevra pas fondamentalement les différences. Cela peut le rassurer à court terme mais au final les difficultés seront étouffées plutôt que résolues.

La conquête du pouvoir pour le changement n'a donc de sens que s'il y a un projet sociétal. La droite n'a pas ce genre de difficulté car son projet permanent est de maintenir la structure sociale le plus longtemps possible ....jusqu'à la limite de la rupture.

Le réalisme actuel affirme que le "système" pourrait fonctionner si la société ne subissait pas de crises majeures. Par exemple, que la richesse créée par la croissance permettrait aux plus démunis de vivre décemment. Ce n'est pas le cas, notre société subit les multiples crises qu'elle a provoquées...et la crise sociale ne sera pas la plus grave à gérer. Bien sûr l'oligarchie en place, les privilégiés, les banques ...ont des responsabilités écrasantes, mais se suffire de ces explications manichéennes est insuffisant. C'est même à la limite de la malhonnêteté intellectuelle.

Nous arrivons au bout d'un modèle, la mutation est en cours, son ampleur n'est pas encore perçue dans le bien être occidental. Les individus le devinent plus qu'ils ne le conçoivent et ils sont de plus en plus inquiets. Il est temps....par réalisme de prendre en compte cet enjeu majeur et de proposer une nouvelle voie.