La dimension de la problématique écologique dans son ensemble reste méconnue, difficile à  comprendre et à admettre...trop dérangeante pour les habitudes mimétiques humaines.

Le triptyque écologie, social et économie permet un début de la connaissance et de la compréhension  …mais il dissimule, par effet de dilution, la nature réelle des problèmes et de l’état de crise. Beaucoup pense bien connaître; le jeu médiatique peut donner cette impression de connaître et de savoir. La réalité est différente, au mieux une connaissance parcellaire, au pire une connaissance erronée voir négationniste. L’ensemble de la société est concerné par cette difficulté, celle de la complexité. 

Appréhender globalement l’état du monde sans tomber dans le simplisme est une difficulté majeure pour notre société, y compris et peut-être surtout pour les décideurs politiques. Dés lors il devient nécessaire de concevoir la mutation indispensable de la société pour permettre à chacun, y compris les décideurs, de développer leurs connaissances et donc leur compréhension du monde.

Le développement dit « durable » est un oxymore qui permet de ne pas remettre en question notre modèle dit de croissance; «soutenable» serait donc plus approprié. Les mass-médias, les entreprises, l’Etat … c'est à dire la société dans son ensemble parlent du développement durable. Chacun devine que notre civilisation va être confrontée à un problème de grande ampleur, la plupart situe cette perspective dans 5, 10, 20 ... 50 ans, donc plus tard. C'est un paradoxe ! la majorité relègue la crise écologique majeure aux générations futures alors que le développement durable est censé anticiper ces problèmes pour les éviter aux générations futures.

Il est vrai que pour les consommateurs occidentaux, cette problématique est difficile à mesurer. Seule l’urgence sociale est visible, ramenée à notre quotidien....de plus en plus difficile. Pourtant la problématique de l’urgence écologique est confirmée chaque jour par les scientifiques, en général très prudents. La question du débat démocratique est donc posée face à l’urgence de la crise écologique car son ampleur sera considérable et les mesures de régulation de l’expertocratie économico-financière apparaîtront bien dérisoires. 

La crise économico-financière actuelle, qui n'en finit pas de durer, pourrait être une opportunité pour un changement de modèle de développement et donc pour une autre approche du travail. Approche qui permettrait à chacun de trouver sa place dans la société sans être exclu ou relégué socialement.

Mais est-ce le cas ? est-il raisonnable de promouvoir la croissance et son corollaire la relance de la consommation sans se poser la question de la connivence entre produire, consommer, gaspiller et accumuler.  Est-il question de sortir de la productivité du travail, une des causes de la crise économique actuelle ? C'est exactement le contraire qui se passe, soit-disant pour redonner du souffle à l'économie ....ce grand corps malade en son coeur. Demande-t-on à un cardiaque de recourir une course qu'il a maintes fois perdue ?

Plus le temps passe plus la « restructuration écologique » qui s’impose, aggravera la crise systémique. Pourquoi donc ne pas s’engager dès maintenant dans une nouvelle logique économique ? pourquoi ne pas repenser le travail (l’essence du travail) ? Plutôt que rabâcher éternellement des recettes éculées comme la loi Macron, qui ne justifie que dans un cadre archéo-libéral. Pourquoi reproduire sans cesse les mêmes erreurs ?

Il est clair que nos représentants n'ont pas de vision prospective de la société, sinon les habituelles redondances mimétiques. L'écologie et donc le développement durable reste pour eux encore un "beau décor", plein de publicités, y compris pour promouvoir des entreprises et industries polluantes !! 

Plutôt que de s'engager vers l'avenir, le gouvernement a choisi le passé en le prétextant par des mots manipulateurs comme "loi de modernisation". Le risque est bien sûr celui de l'échec. Quand bien même il y aurait des résultats "positifs", ceux-ci seront certainement marginaux et manipulés au regard de l'ampleur de la crise. Par exemple, si 500 000 emplois étaient créés, les politiques afficheraient des attitudes de supporters de football dont l'équipe a gagné un match......mais il resterait au moins 4 500 000 chômeurs ! 

Nous avons changé d'échelle; c'est une crise ! Il faut bien l'intégrer y compris au niveau écologique. Plus le temps passe plus il sera difficile de manoeuvrer le paquebot "société"