L'amélioration de la productivité du travail et donc des salariés n'a pas vocation à augmenter les charges et donc la part salariale. Il est évident que la productivité détruit de l'emploi par la nature même de son objectif. Celle-ci s'amplifie considérablement avec les progrès technologiques dits numériques (les perspectives d'ici 2020 sont « effrayantes » ; 50 % des emplois seraient touchés par la 4ème révolution industrielle) 

Par ailleurs, les gains de productivité du travail sont toujours supérieurs à la faible croissance. La quantité total de travail (en tant qu'emplois) nécessaire pour toutes les activités soit de production soit de services ne peut donc que diminuer. Ce qui implique bien sûr une diminution continue des emplois, diminution largement amplifiée par la concurrence entre les pays. On comprend également que les politiciens, n'ayant pas de solution, proposent le modèle de la croissance, seule variable de l'équation du travail qui pourrait amener à créer des emplois….en théorie...vous avez dit dogme mythique ?

Quant à la compétitivité par la baisse des charges sur les salaires elle ne peut jouer que sur le papier….ou les tableurs de type excel. En réalité pour que l'effet soit significatif (relativement au niveau international) il serait nécessaire de les transférer en totalité vers d'autres sources de financement (fiscalité, prélèvement à la source de tous les revenus ….) et dégager les salaires de toutes ces charges collectives. Mais est-ce possible ou réaliste ? Dans un pays bloqué sur les peurs de l'opinion publique. Et puis ce dispositif dit de compétitivité est basé sur le principe de concurrence entre les pays, et on sait bien qu'à ce petit jeu si on est gagnant à un moment donné ...au bout du compte, quand tous les pays feront de même, nous serons tous perdants. On le voit très bien en Europe ou l'Allemagne mène depuis 15 ans une politique de compétitivité. Le chômage officiel est au plus bas, l'économie au sens capitalistique est florissante….mais nous en savons les conséquences ; augmentation de la pauvreté en Allemagne, exportation de son chômage qui coûterait 2 points de chômage à la France (soit 700 000 à 1 million de chômeurs) et certainement des chiffres semblables pour les autres pays Européens.

 Mais alors comment comprendre la posture des hommes et femmes politiques de Droite et de Gauche qui s'arcboutent sur des impostures ? Sont-ils des imposteurs ? Des incompétents ? Des naïfs ? S'agit-il d'aveuglement ? de vieilles croyances idéologiques et obsolètes ? Ou bien ne savent pas comment procéder et dans cas c'est une absence de vision qui les caractérise ?